Catégorie : Asie

  • En Azerbaïdjan, l’opposition « écrasée » en amont de la COP29

    En Azerbaïdjan, l’opposition « écrasée » en amont de la COP29

    Le défenseur azerbaïdjanais des droits humains et militant du climat Anar Mammadli allait chercher son fils à la crèche quand la police l’a appréhendé sous les yeux des enfants.

    Son arrestation n’est qu’un exemple parmi d’autres de la répression qui a cours dans le pays hôte de la conférence climatique COP29 en novembre, au risque, selon les critiques, de décrédibiliser les autorités de l’ex-république soviétique.

    Derrière les barreaux depuis son interpellation le 29 avril, Anar Mammadli encourt huit ans de prison pour « contrebande » s’il est reconnu coupable, déclare à l’AFP son collègue Bashir Suleymanli.

    Ensemble, ils ont fondé l’organisation Climate of Justice Initiative afin de promouvoir la justice environnementale dans cette nation riche en pétrole et gouvernée d’une main de fer.

    L’organisation « a été contrainte de fermer sous la pression du gouvernement avant même d’avoir commencé à sensibiliser l’opinion aux questions environnementales », rapporte M. Suleymanli.

    « Nous n’avons aucune plateforme pour nous faire entendre, sans parler du fait que nous ne pourrons pas organiser de manifestations pendant la COP29″, déplore-t-il.

    Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont dénoncé les poursuites engagées contre M. Mammadli sur la base de fausses accusations et exigé sa libération.

    Amnesty y voit le signe d’une « répression continue contre les militants de la société civile » avant la COP29.

    « Mesures sévères » 

    A Bakou, les routes sont en cours de réfection et les bâtiments en train d’être repeints: les autorités tiennent à ce que la capitale apparaisse sous son meilleur jour lorsqu’elle accueillera les milliers d’invités étrangers pour la COP du 11 au 22 novembre.

    Les groupes internationaux de défense des droits humains, eux, appellent l’ONU et le Conseil de l’Europe à « profiter de la dynamique de la COP29 » pour « mettre fin à la persécution des voix critiques » en Azerbaïdjan.

    Selon Kenan Khalilzadé de l’organisation écologique Ecofront à Bakou, les préparatifs de la conférence climatique donnent lieu à « des pressions gouvernementales » accrues sur les militants.

    Lui-même affirme avoir été brièvement arrêté l’an dernier durant une manifestation à Soyudlu, un village reculé de l’ouest du pays.

    En 2023, la police a tiré des balles en caoutchouc et des lacrymogènes contre des villageois qui manifestaient contre la construction d’un étang censé collecter des déchets toxiques d’une mine d’or voisine.

    Plusieurs manifestants ont été arrêtés dans le cadre d’une violente répression et Soyudlu est resté bouclé par la police pendant des semaines.

    « La police m’a menacé de mesures sévères si jamais j’essayais de retourner à Soyudlu », confie M. Khalilzadé à l’AFP.

    Une enquête conduite par l’Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), un consortium de journalistes d’investigation, a déterminé que la mine, formellement exploitée par la compagnie britannique Anglo Asian Mining, était en fait la propriété des deux filles du président azerbaïdjanais, Ilham Aliev.

    Accusations « inacceptables » 

    Tout signe de dissidence en Azerbaïdjan fait généralement l’objet d’une réponse vigoureuse du pouvoir, vivement critiqué en Occident pour la persécution des opposants politiques et le musèlement des médias.

    A 62 ans, Ilham Aliev dirige l’Azerbaïdjan avec une autorité implacable depuis 2003 et la mort de son père, Heydar Aliev, dirigeant communiste de l’ère soviétique et ancien général du KGB.

    L’Union pour la liberté des prisonniers politiques d’Azerbaïdjan a publié une liste de 288 prisonnierspolitiques, y compris des responsables politiques de l’opposition, des militants des droits et des journalistes.

    Parmi eux, plusieurs reporters d’AbzasMedia et Toplum TV, médias critiques du président Aliev, ainsi que l’avocat anti-corruption Gubad Ibadoglu, maintenu en détention malgré sa santé fragile.

    En mai, Human Rights Watch soulignait que la répression en Azerbaïdjan « suscite de graves inquiétudes » quant à la possibilité pour les militants de « participer de manière utile » à la COP29.

    De son côté, le ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais rejette des accusations « biaisées et inacceptables » et fustige des « motivations politiques inappropriées ».

    Mais, pour Khadija Ismayilova, une journaliste d’investigation qui a passé plusieurs mois derrière les barreaux après avoir révélé des cas de corruption dans la sphère publique, les délégations de la COP29 devraient se pencher sur le bilan de l’Azerbaïdjan en matière de droits humains.

    « Les pays qui participent à la COP29 doivent avoir conscience que la société civile est écrasée et opprimée », assure-t-elle.

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici. ©Une vue de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, pays qui accueillera la conférence climatique COP29 au mois de novembre, le 23 juillet 2024. © AFP VANO SHLAMOV
  • Comment restaurer les récifs coralliens pour les préserver

    Comment restaurer les récifs coralliens pour les préserver

    Les températures record enregistrées dans les océans du fait du changement climatique font mourir les récifs coralliens à travers le monde, un phénomène appelé blanchissement, et les initiatives pour tenter de restaurer ces écosystèmes marins essentiels se multiplient pour tenter de les sauver.

     Comment reconstituer le corail?

    La première possibilité consiste à détacher des fragments de corail d’un récif sain. Ils sont ensuite divisés en plus petits morceaux lors d’un processus appelé micro-fragmentation. Chacun de ces fragments peut ensuite devenir un nouveau corail.

    Une autre option consiste à recueillir des morceaux de coraux détachés de manière naturelle, par exemple lors d’une tempête, ce que l’on appelle des coraux d’opportunité.

    Les défenseurs de l’environnement ont aussi recours à la collecte d’œufs, plus complexe. La reproduction corallienne, appelée frai, se produit généralement une fois par an. Des colonies entières de récifs libèrent alors leurs œufs en même temps.

    De nombreux facteurs entrent en jeu, comme les phases de la Lune ou la température des eaux.

    Et après ?

    Les fragments de coraux sont conservés dans des pépinières jusqu’à ce qu’ils deviennent suffisamment solides pour être transplantés sur un récif naturel ou artificiel.

    Il en est de même pour les coraux d’opportunité dans le cas où ils ne seraient pas encore assez solides pour être fixés directement sur un récif.

    Les œufs et extraits de sperme recueillis lors du frai corallien sont quant à eux transformés en larves, intégrées à des formations naturelles ou artificielles le temps de leur développement.

    Quels coraux sont utilisés ?

    Les coraux ramifiés sont en général ceux utilisés. Leurs branches fragiles sont davantage susceptibles de devenir des coraux d’opportunité et sont également plus faciles à micro-fragmenter, contrairement à d’autres coraux.

    Leur capacité à se développer très vite offre aux projets de restauration des résultats rapides.

    Mais restaurer un seul type de corail peut entraîner une réduction de la diversité de l’écosystème.

    Est-ce que cela fonctionne ?

    Les taux de survie après restauration sont compris entre 60 et 70 pour cent, selon une étude publiée en 2020.

    Cependant, près de la moitié des projets analysés par cette étude n’ont pas réussi à déterminer clairement s’ils avaient atteint leurs objectifs de départ, y compris l’obtention de la fonction même de récif corallien.

    La surveillance de ces projets est souvent brève: moins d’un an dans la moitié des cas, soit bien moins que le temps nécessaire à la formation d’un récif.

    Une étude récente présente toutefois des résultats encourageants. Réalisée sur des récifs artificiels en Indonésie, l’étude a révélé qu’en quatre ans, le corail reconstitué émettait autant de carbone que celui d’un récif naturel.

    Quels sont les autres facteurs ?

    Certains experts s’inquiètent du fait que la restauration des coraux soit trop souvent présentée comme une panacée.

    Ils soulignent que ces transplantations ne pourront survivre que si les conditions environnementales sont favorables.

    Il faut selon eux s’attaquer en priorité au changement climatique, responsable des températures extrêmes à l’origine du blanchissement des coraux.

    « Des projets de restauration bien conçus et bien conduits ont un rôle important à jouer, mais ils ne peuvent pas faire grand-chose si des actions radicales concernant le climat ne sont pas prises » dans l’immédiat, alerte Lisa Bostrom-Einarsson, la biologiste marine qui a dirigé l’étude de 2020.

    La pêche à l’explosif ou encore la sédimentation, facteurs de stress pour le corail, doivent également être combattus pour sauver les récifs coralliens.

    L’étude indonésienne a montré que peu de « coraux naturels » s’étaient développés autour des coraux transplantés.

    La construction de récifs par micro-fragmentation limite également la diversité génétique, ce qui peut mettre les formations en danger en cas d’apparition de maladie.

    « La restauration ne sauvera pas les coraux, vu le rythme actuel auquel nous les perdons » a affirmé Gavin Miller, un scientifique marin de l’organisation Global Reef en Thaïlande.

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici. ©Surveillance des coraux décolorés autour de l’île de Koh Tao, dans la province de Surat Thani, le 14 juin 2024 dans le sud de la Thaïlande © AFP Lillian SUWANRUMPHA
  • Le mouton géant du Tadjikistan, allié de l’environnement

    Le mouton géant du Tadjikistan, allié de l’environnement

    À flanc de collines au Tadjikistan, le berger Bakhtior Charipov surveille son troupeau de moutons de Hissar. Cette race d’ovinés, considérée comme la plus grosse au monde, gagne en popularité en Asie centrale, grâce à sa rentabilité et son adaptation au changement climatique.

    Sous la garde du jeune homme, quelque 250 moutons au physique inhabituel profitent des premiers jours du printemps pour paître. L’énorme boule de graisse sur l’arrière-train, qui les caractérise, se balance au rythme de leurs déplacements dans ces pâturages des contreforts des monts Hissar, région berceau de l’espèce, à l’ouest de la capitale Douchanbé.

    « Ils pèsent en moyenne 135 kilos. C’est la fin de l’hiver donc ils sont moins lourds, mais ils grossiront vite », explique à l’AFP Bakhtior, 18 ans, accompagné de son chien blanc César, berger d’Asie centrale aussi imposant que ses moutons.

    Avec environ deux millions de têtes, ces moutons sont l’une des fiertés du Tadjikistan, où l’approvisionnement en viande et les pâturages de qualité sont insuffisants.

    « Les moutons de Hissar prennent rapidement du poids, même quand ils ont peu d’eau et d’herbe à disposition », poursuit-il.

    Témoin du statut dont jouissent ces moutons, un monument couleur doré représentant trois spécimens s’élève au bord de la route menant à la vallée éponyme, parmi les dizaines d’affiches à la gloire du président Emomali Rakhmon, au pouvoir depuis 1992.

    « Améliorer la situation écologique »

    « Les fermiers élèvent des moutons de Hissar pour leur rentabilité économique », résume pour l’AFP Charofjon Rakhimov, membre de l’Académie tadjike des sciences agricoles.

    « Le Hissar est une race unique, d’abord pour son poids: les béliers peuvent dépasser les 210 kilos, avec un rendement élevé en viande et en graisse, environ les deux-tiers du poids total », supérieur aux autres races ovines qui mangent plus et produisent moins de viande, poursuit M. Rakhimov.

    « De plus, ces moutons ne restent jamais au même endroit et contribuent ainsi à améliorer la situation écologique des sols. Leur transhumance — ils peuvent parcourir jusqu’à 500 km grâce à leur musculature– réduit la dégradation des pâturages », explique cet agronome.

    Car la dégradation des terres arables, sous l’effet combiné du réchauffement climatique et du surpâturage, est l’un des principaux défis environnementaux pour l’Asie centrale.

    D’après un rapport de novembre 2023 des Nations unies, 20% de la région est déjà touchée par ce phénomène en pleine accélération, soit environ 800.000 kilomètres carrés, l’équivalent de la superficie de la Turquie.

    Et plus de 18 millions d’habitants d’Asie centrale, soit un quart de la population, sont concernés. La dégradation des terres, et la poussière qu’elle génère, alimente les maladies cardio-respiratoires et les problèmes socio-économiques, des fermiers préférant quitter leurs terres aux rendements en baisse et émigrer.

    Dans ce contexte, maintenir une productivité élevée est primordial.

    Mouton à 40.000 dollars

    Dans son centre biotechnologique près de Douchanbé, le scientifique Ibrokhim Bobokalonov conserve la semence des meilleurs spécimens de la race et veille à leur bon développement.

    « La demande de moutons de Hissar augmente non seulement au Tadjikistan, mais aussi au Kazakhstan, Kirghizstan, en Russie, Turquie, Azerbaïdjan, Chine et même aux États-Unis », assure M. Bobokalonov.

    Le Hissar est même devenu source de rivalité entre les pays de la région : le Tadjikistan a récemment accusé ses voisins d’usurper la race pour la croiser avec d’autres variétés locales et créer des moutons encore plus lourds, atteignant des prix astronomiques.

    Lors d’un concours agricole au Kazakhstan l’an dernier, un mouton de Hissar a atteint les 230 kilos, un record selon Guinness, un autre a été vendu pour 40.000$ en 2021, tandis qu’au Kirghizstan, certains spécimens dépassent les 210 kilos.

    Alors pour le Tadjikistan, hors de question de se laisser doubler.

    « Voici Micha, il pèse 152 kilos et vaut 15.000 dollars », se félicite M. Bobokalonov devant un mouton allongé sur la balance, pattes liées. Une somme équivalente à six ans du salaire mensuel moyen au Tadjikistan.

    « J’espère que d’ici le concours cet été, il pèsera 220-230 kilos. Juste en le nourrissant de produits naturels, sans dopage, il peut prendre environ 800 grammes par jour », assure cet homme jovial.

    Allié de l’environnement, le Hissar est aussi apprécié pour ses qualités gustatives, dans une région où le mouton constitue un ingrédient culinaire essentiel. « Avec ce mouton, on peut cuisiner n’importe quel plat national tadjik », résume Oumedjon Youldachev, acheteur sur le marché de Hissar.

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici. ©Le berger Bakhtior Charipov et son troupeau de moutons de Hissar le 27 mars 2024, dans l’ouest du Tadjikistan © AFP Amir ISAEV
  • Au Tadjikistan, la nouvelle vie des déplacés climatiques

    Au Tadjikistan, la nouvelle vie des déplacés climatiques

    «Nous vivions dans la peur, jusqu’au jour où la montagne s’est effondrée et a détruit notre maison », se rappelle Iodgoroï Makhmalieva, déplacée interne au Tadjikistan, le pays d’Asie centrale le plus exposé au changement climatique où se multiplient les catastrophes naturelles.

    Depuis, cette retraitée de 61 ans a été relogée avec son mari Djamoliddine et sa famille dans le district de Khourosson, à 70 km au sud de la capitale Douchanbé, dans le cadre d’un programme gouvernemental pour reloger les populations les plus vulnérables aux aléas climatiques.

    Dans cette ex-république soviétique de 10 millions d’habitants, le gouvernement estime que des centaines de milliers de personnes vivent dans des régions où coulées de boue, glissements de terrain, avalanches, inondations et tremblements de terre sont monnaie courante, touchant jusqu’à la capitale de ce pays parmi les plus montagneux au monde.

    Rien qu’en 2023, le Tadjikistan a fait face à 557 « situations d’urgence » liées à des catastrophes naturelles, qui ont tué 51 personnes, selon les données officielles.

    Alors transférer les populations vers des zones plus sûres est une priorité: le concept de « migrants écologiques » figure dans la stratégie gouvernementale sur les migrations internes à l’horizon 2040.

    Dans ce cadre, quelque 45.000 Tadjiks ont déjà été relogés entre 2000 et 2017, selon les derniers chiffres du gouvernement. Mais des dizaines de milliers d’autres attendent leur tour.

    Terrain gratuit

    Pour les Makhmaliev, le temps pressait. Après avoir réussi à « éviter six ou sept fois des coulées de boue », leur maison n’a pas résisté à celle fatidique de mai 2020, raconte à l’AFP Djamoliddine Makhmaliev, professeur de musique de 65 ans.

    Ils ont survécu, mais de leur maison, il ne reste plus rien, pas même une photo.

    « On ne savait même pas où on allait vivre », explique Mme Makhmalieva.

    Un an plus tard, les autorités ont attribué aux Makhmaliev un terrain pour construire une maison dans un village pour déplacés climatiques dans une vallée de la région de Khatlon. De là, ils peuvent encore apercevoir la montagne d’où était partie la coulée de boue ayant détruit leur précèdent logement.

    « Il y a toutes les conditions pour une vie confortable » se félicitent les époux Makhmaliev, entourés de leurs six petits-enfants dont ils s’occupent en l’absence de leurs parents, partis gagner leur vie en Russie, comme des millions de Tadjiks.

    Le couple remercie régulièrement le « chef de la nation » Emomali Rakhmon, l’inamovible dirigeant tadjik qui tient les rênes du pays depuis 1992, portant le titre officiel de « fondateur de la paix et de l’unité nationale ».

    « On a même de l’eau courante maintenant, des routes pavées, un centre médical à proximité et une école », se réjouit Iodgoroï Makhmalieva.

    Un avantage pour sa petite-fille Mounissa, 15 ans, qui peut désormais dormir plus longtemps le matin.

    « Avant l’école était très loin, je devais me lever tôt pour être à l’heure aux cours. Maintenant, je peux mieux me concentrer sur mes études », dit celle qui aimerait devenir médecin.

    Pertes économiques

    Construction d’une maison pour accueillir des déplacés climatiques, dans le district de Khourosson, le 26 mars 2024 au Tadjikistan
    © AFP

    Dans un champ face à la maison des Makhmaliev, des travaux de construction vont bon train et des ouvriers montent des murs en parpaing.

    « C’est une maison pour des futurs déplacés, ils ont reçu du gouvernement 800 mètres carrés de terrain », explique à l’AFP Mourotbek Mourodov, responsable du district de Khourosson pour le ministère tadjik des Situations d’urgence.

    « Dans ce village, nous avons déjà construit 67 maisons et relogé environ 900 personnes. A terme, l’objectif est de déplacer tous les habitants des zones à risque vers des endroits plus sûrs », dit l’officier.

    Mais la tâche reste immense. Selon M. Mourodov, « il existe plus d’un millier de zones dangereuses au Tadjikistan », pays d’Asie centrale « le plus exposé » aux catastrophes naturelles, selon un rapport de 2024 de l’agence des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR).

    D’autant que le Tadjikistan, l’un des pays les plus pauvres au monde, dispose de moyens limités.

    Selon la Banque mondiale, « ces catastrophes naturelles constituent une menace sérieuse pour la stabilité économique du Tadjikistan ». Les dégâts causés entre 1992 et 2019 sont estimés à plus d’1,8 milliard de dollars.

    Et le président Emomali Rakhmon déplore régulièrement auprès des Nations unies les « énormes dégâts financiers et matériels dus aux catastrophes naturelles subis chaque année par le Tadjikistan ».

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici.
  • Ocean cleanup installe un « intercepteur » dans un fleuve thaïlandais

    Ocean cleanup installe un « intercepteur » dans un fleuve thaïlandais

    Sachets, bouteilles, gobelets: tous ces déchets plastiques tombent de tapis roulants en bambou dans les bennes bleues d’une barge alimentée à l’énergie solaire… cet « intercepteur » tente de nettoyer le fleuve qui traverse Bangkok, la capitale thaïlandaise.

    Le projet Ocean Cleanup a été lancé sur le fleuve Chao Phraya. Cette structure en forme de bateau traîne derrière elle une barrière flottante, utilise le courant de ce cours d’eau pour canaliser le plastique dans les mâchoires de la barge.

    Cette ONG fondée en 2013 par Boyan Slat, alors adolescent, vise à débarrasser les mers de la pollution plastique, notamment en empêchant les déchets synthétiques d’atteindre les océans.

    « Il est très important pour nous de nous attaquer à la pollution plastique ici », a déclaré M. Slat à l’AFP.

    « Le Chao Prayo est en fait la plus grande source de pollution plastique pour le golfe de Thaïlande », poursuit le Néerlandais de 29 ans.

    « Le golfe de Thaïlande est, bien sûr, très important sur le plan écologique, mais aussi sur le plan économique pour le tourisme et la pêche », souligne-t-il.

    Le projet de Bangkok, dont le lancement a pris environ deux ans, est une collaboration de recherche avec des entreprises et des responsables locaux.

    Il s’agit du cinquième projet d’ »intercepteur » de l’ONG portant sur la prévention de la pollution en Asie du Sud-Est.

    En collaboration avec l’université Chulalongkorn, Ocean Cleanup a cartographié les courants du Chao Phraya afin de déterminer le meilleur emplacement pour son installation – une tâche difficile compte tenu de la largeur du fleuve, 500 mètres, et de ses voies de circulation très fréquentées.

    Positionnés à l’endroit où une soixantaine de canaux rejoignent le fleuve principal, des tapis roulants en lattes de bambou transportent les déchets collectés jusqu’à la barge, où ils sont déposés dans des bennes bleues avant d’être ramenés sur le rivage pour être éliminés par les autorités locales.

    Penchom Saetang, du groupe de défense de l’environnement EARTH Thailand, a expliqué à l’AFP que si l’élimination du plastique dans le fleuve est essentielle, éliminer les polluants chimiques de l’eau est tout aussi vital.

    « Il y a plusieurs causes » à la présence de polluants chimiques dans le fleuve, a-t-elle déclaré, « notamment l’utilisation de produits chimiques par les usines et les utilisations agricoles ».

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici.
  • Des climatologues très sceptiques sur l’accord conclu à la COP28

    Des climatologues très sceptiques sur l’accord conclu à la COP28

    Si l’adoption mercredi à la COP28 de Dubaï d’un compromis ouvrant la voie à l’abandon progressif des énergies fossiles, principales responsables du réchauffement climatique, a été salué par de nombreux dirigeants, des climatologues se montrent eux bien plus sceptiques.

    Bien que « l’absence d’accord sur l’élimination progressive des énergies fossiles » ait été « jusqu’ici dévastatrice », le texte approuvé mercredi « n’est pas vraiment convaincant », juge Michael Mann, climatologue et géophysicien à l’Université de Pennsylvanie.

    « C’est comme promettre à son médecin d’abandonner les beignets alors qu’on est diagnostiqué diabétique », résume l’expert auprès de l’AFP, notant que l’accord ne comporte aucune date de sortie des énergies fossiles précise, ni indication sur l’ampleur des mesures à prendre par les pays.

    Adopté mercredi par consensus, le texte constitue un compromis imparfait pour de nombreux délégués et ONG. Il n’appelle pas directement à la sortie des énergies fossiles, décevant la centaine de pays qui l’exigeaient, et comporte des failles pour les pays souhaitant poursuivre l’exploitation de leurs réserves d’hydrocarbures.

     « Beaucoup mourront »

    L’accord de la 28e conférence sur le climat de l’ONU « est salué comme compromis, mais nous devons être très clairs sur ce qui a été compromis », insiste Friederike Otto, climatologue spécialiste de l’analyse du rôle du changement climatique sur certains phénomènes météorologiques extrêmes.

    « Les intérêts financiers à court terme de quelques-uns l’ont à nouveau emporté sur la santé, la vie et les moyens de subsistance de la plupart des habitants de cette planète », fustige-t-elle.

    Et de poursuivre: « avec tous ces verbes vagues, ces promesses vides dans le texte final, des millions de personnes de plus se retrouveront en première ligne du changement climatique et beaucoup d’entre elles mourront. »

    Un constat accablant partagé par Kevin Anderson, qui enseigne le changement climatique à l’Université de Manchester.

    « La physique se moque » des applaudissements des dirigeants, renchérit-il, estimant que le compromis de la COP28 « sonne le glas » de l’objectif +1,5°C.

    L’humanité n’a plus qu’entre cinq et huit années, si les émissions restent au niveau actuel, avant de dépasser le « budget carbone » fixé pour maintenir le réchauffement climatique à 1,5°C depuis le début de l’ère industrielle, l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris.

    Et même si les émissions commencent à diminuer en 2024, il faudrait abandonner toutes les énergies fossiles d’ici 2040, pointe M. Anderson, et non d’ici 2050, comme évoqué dans l’accord au sujet de la neutralité carbone, un « élément de langage frauduleux » selon lui.

    L’objectif moins ambitieux de +2°C, avec des impacts bien plus graves, s’éloigne lui de plus en plus.

     « Seul cadre »

    Ainsi, « l’incapacité de la COP28 à réaliser des progrès significatifs, alors que la fenêtre de tir pour réduire le réchauffement devient de plus en plus petite, est source d’une grande inquiétude », estime le climatologue Michael Mann.

    Mais pour autant, « il ne faut pas y mettre un terme », plaide-t-il. « Nous devons continuer à organiser des COP. Elles constituent le seul cadre multilatéral de négociation des politiques climatiques mondiales ».

    Selon Johan Rockstrom, professeur en sciences de l’environnement et directeur de l’Institut de Potsdam en Allemagne, le texte adopté lors de la COP 28 « montre clairement à toutes les institutions financières, entreprises et sociétés que c’est (…) le +début de la fin+ de l’économie mondiale basée sur les énergies fossiles ».

    Pour aller plus loin, Michael Mann appelle à une réforme du fonctionnement des COP, pour permettre par exemple à ce que des décisions puissent être approuvées par une grande majorité de pays, malgré l’objection de nations productrices d’énergies fossiles, ou encore interdire à des dirigeants de pays pétroliers comme le président de la COP28, Sultan Al Jaber, de présider les sommets à venir.

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici. ©Sultan Al Jaber, le président émirati de la COP28, le 13 décembre 2023 à Dubai © AFP Giuseppe CACACE
  • COP28 : approbation d’un compromis « historique »

    COP28 : approbation d’un compromis « historique »

    Après une nuit de prolongation, les pays du monde entier ont approuvé à la COP28 de Dubaï un compromis qualifié d’historique pour son appel inédit à abandonner progressivement les énergies fossiles, principales responsables du réchauffement climatique.

    Le texte issu de douloureuses négociations a été adopté par consensus à Dubaï, aucune voix ne s’élevant parmi les quelque 200 nations représentées en séance plénière avant le coup de maillet entérinant son adoption.

    De longs applaudissements un ovation debout ont accueilli l’adoption de ce texte qui, pour la première fois dans l’histoire des conférences sur le climat des Nations unies, mentionne toutes les énergies fossiles, largement responsables du changement climatique.

    Il s’agit d’une décision « historique pour accélérer l’action climatique », a déclaré Sultan Al Jaber, président émirati de la conférence de l’ONU.

    La France a salué « une victoire du multilatéralisme et de la diplomatie climatique », par la voix de sa ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, présente à Dubaï.

    « Pour la première fois en 30 ans, nous pourrions maintenant approcher le début de la fin des énergies fossiles », avait salué la commissaire européen chargé du Climat, Wopke Hoekstra, juste avant d’entrer en séance plénière.

    Le texte, dont chaque mot a été négocié par les Emiratis, appelle à « transitionner hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques, d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l’action dans cette décennie cruciale, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément aux préconisations scientifiques ». L’appel à accélérer l’action dès la décennie en cours était une exigence de l’Union européenne et de nombreux autres pays.

    En choisissant le terme de « transitioning away » (« transitionner hors de », « s’éloigner », « abandonner » selon les traductions possibles en français), le texte ne parle plus de « phase-out » (« sortie ») du pétrole, du gaz et du charbon, un terme devenu depuis des mois la bannière derrière laquelle se rangeaient plus d’une centaine de pays et des milliers d’ONG.

    Une source proche de la présidence émiratie estime que le texte a été finement « calibré » pour tenter de réconcilier des points de vues opposés, et notamment éviter un blocage de l’Arabie saoudite. Tout en laissant volontairement un peu d’ambiguïté dans les formulations pour que chacun y trouve son compte…

    L’alliance des petits Etats insulaires (Aosis), en pointe pour réclamer des mesures fortes contre les énergies fossiles, a ainsi à la fois salué une « amélioration » et signalé des « inquiétudes ».

    Mais l’émissaire chinois pour le climat, Xie Zhenhua, est arrivé tout sourire et les deux pouces levés.

    Un seul pays pouvait objecter à l’adoption d’une décision à la COP, selon les règles de l’ONU Climat, et une possible objection de dernière minute de l’Arabie saoudite ou de l’Inde rendait nerveux les observateurs.

     Amélioration, selon les ONG

    « Si Glasgow (2021) était la première fissure dans le barrage avec l’appel à réduire le charbon, maintenant c’est une grosse rupture avec l’extension au pétrole et au gaz », s’est félicité auprès de l’AFP Alden Meyer, du groupe de réflexion E3G. « Les Saoudiens essaient de colmater furieusement le barrage mais le sens de l’histoire est clair », juge-t-il.

    « Le génie ne retournera jamais dans la bouteille », ajoute Mohamed Adow, directeur de Power Shift Africa, autre groupe de réflexion.

    « Ce n’est pas la promesse historique » du « phase-out » mais « transition hors, cela envoie quand même un signal important. Et si c’est adopté, ce serait quand même la première fois qu’on a de tels mots, qui couvrent non seulement le charbon, mais aussi le pétrole et le gaz », avait réagi Caroline Brouillette, directrice du réseau d’ONG Réseau Action Climat Canada, peu avant la séance plénière.

    Elle a regretté cependant l’inclusion de « distractions dangereuses comme la capture et le stockage du carbone, le nucléaire ».

    L’ONG WWF a qualifié le nouveau projet d’accord d’ »amélioration » concernant les énergies fossiles, par rapport à la version précédente, tout en notant l’absence d’appel à une « sortie complète » des fossiles. Mais « si ce texte est adopté, il représenterait un moment significatif », avait estimé Stephen Cornelius, de WWF.

    Sultan Al Jaber s’évertuait depuis plus de 24 heures à sauver une COP qu’il avait annoncée comme « un tournant », à même de préserver l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, adopté il y a huit ans: limiter l’élévation de la température mondiale à 1,5°C.

    Le premier projet de texte émirati, lundi, avait suscité un tollé car il listait trop d’options au choix et n’appelait pas à la « sortie » des énergies fossiles, dont la combustion depuis le XIXe siècle est largement responsable de l’élévation actuelle des températures mondiales de 1,2°C, par rapport à l’ère pré-industrielle.

    A ce jour, seule la « réduction » du charbon avait été actée à la COP26 à Glasgow. Jamais le pétrole ni le gaz n’avaient été désignés.

    Dans le projet d’accord des Emirats figure une reconnaissance du rôle joué par des « énergies de transition », allusion au gaz, pour assurer la « sécurité énergétique » des pays en développement, où près de 800 millions de personnes manquent d’accès à l’électricité.

    Le texte contient de multiples appels liés à l’énergie: tripler les capacités d’énergies renouvelables et doubler le rythme d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici 2030; accélérer les technologies « zéro carbone » et « bas carbone », dont le nucléaire, l’hydrogène bas carbone, et le balbutiant captage et stockage du carbone, défendu par les pays producteurs de pétrole pour pouvoir continuer à pomper des hydrocarbures.

    L’Arabie saoudite, le Koweït ou l’Irak étaient sur une ligne dure, refusant tout accord s’attaquant aux énergies fossiles qui font leur richesse. Mais n’ont finalement pas bloqué l’accord.

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici. ©Au centre des expositions de Dubaï, le 12 décembre 2023 © AFP Giuseppe CACACE
  • Président de la COP28 : « L’échec pas une option »

    Président de la COP28 : « L’échec pas une option »

    Si près du but, le président émirati de la COP28, Sultan Al Jaber, accentue la pression dimanche sur l’ensemble des pays négociant à Dubaï sur la fin des énergies fossiles, mais les pays exportateurs de pétrole, au premier rang desquels son voisin l’Arabie saoudite, restent à convaincre.

    « L’échec n’est pas une option. Nous recherchons l’intérêt général », a prévenu Sultan Al Jaber, patron de la compagnie pétrolière Adnoc, lors d’une conférence de presse de 11 minutes avant de réunir tous les ministres dans une séance appelée « majlis », une tradition des pays musulmans, où ils seront assis en rond pour discuter sur un pied d’égalité, selon lui.

    La COP28 doit se terminer demain, mardi 12 décembre.

    Blocage saoudien

    L’Emirati a dit sans ambiguïté qu’il n’accepterait pas de compromis qui soit incompatible avec « la science » climatique et le maintien en vie de l’objectif de réchauffement à 1,5°C, fixé par l’accord de Paris.

    « Nous devons trouver un consensus et un terrain d’entente sur les énergies fossiles, y compris le charbon », a-t-il ajouté, se vantant d’être le premier président de COP à demander que les fossiles soient cités dans tout accord final. Le charbon a été mentionné en 2021 à Glasgow.

    Des ONG aux négociateurs, les participants expriment ici le même sentiment qu’un accord n’a jamais été aussi proche pour signaler le début de la fin du pétrole, du gaz et du charbon, dont la combustion depuis le 19e siècle a permis l’essor économique mondial au prix du réchauffement de la planète.

    Mais il reste à surmonter l’opposition du bloc mené par l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

    « Les Saoudiens n’accepteront aucun compromis. Etats-Unis, Chine, Europe et d’autres appliqueront une pression géopolitique immense sur eux pour leur dire qu’il ne faut pas qu’ils soient les seuls à faire échouer la COP », analyse Alden Meyer, du centre de réflexion E3G. « Ils ne voudront pas être les derniers ».

    Aide au Sud

    Un grand accord final dépend aussi des gages donnés aux pays émergents, comme l’Inde, qui produit encore les trois quarts de son électricité en brûlant du charbon… et aux pays en développement qui exigent des pays riches de l’aide pour installer l’énergie solaire ou les éoliennes dont ils auront besoin, ou pour s’adapter aux ravages du changement climatique (digues, bâtiments, santé, agriculture…).

    « Il est évident que les pays les moins développés ne pourront pas aller à la même vitesse que les grandes puissances économiques du G20 » pour sortir des fossiles, reconnaît l’émissaire allemande pour le climat, Jennifer Morgan.

    De plus en plus isolée alors que la Chine est jugée constructive, l’Arabie saoudite est accusée de faire dérailler les discussions sur ces autres sujets, pour tout bloquer.

    « Les Saoudiens ralentissent les négociations sur ces sujets clés pour les pays en développement, dans l’espoir que ceux-ci seront mécontents et les rejoindront pour s’opposer au texte final sur les énergies fossiles », décrypte un observateur impliqué dans les discussions auprès de l’AFP.

    Prière du pape

    Le pape, qui a dû annuler sa venue à Dubaï en raison d’une bronchite, a encouragé les négociateurs pendant la prière hebdomadaire de l’Angélus, demandant aux fidèles de « prier pour que l’on parvienne à de bons résultats pour la sauvegarde de notre Maison commune et la protection des populations ».

    Manifestation contre l’Opep

    Des militants ont fait une brève irruption dans le pavillon de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui a fait scandale avec la révélation vendredi d’une lettre appelant ses membres à rejeter tout accord ciblant les énergies fossiles.

    « Pour nous, avoir un pavillon de l’Opep à la COP c’est comme avoir un énorme forage pétrolier dans les négociations », a dénoncé Nicolas Haeringer de l’ONG 350.org, devant des visiteurs du stand étonnés.

    L’empreinte carbone de la nourriture

    L’énergie a sa feuille de route pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, rédigée par l’Agence internationale de l’énergie, mais jusqu’ici, l’alimentation n’en avait pas de comparable. L’organisation des Nations unies pour l’agriculture (FAO) a comblé cette lacune dimanche pour atteindre la neutralité carbone sans compromettre l’alimentation mondiale.

    En 2030, selon son scénario, les émissions de méthane du cheptel mondial devront avoir baissé de 25%, par rapport à 2020. Dix ans plus tard, il ne faudra plus de déforestation dans le monde. Mais des ONG ont critiqué l’absence d’appel à réduire la consommation de viande.

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici. ©La COP28 est censée se terminer le 12 décembre, mais toutes les dernières COP ont dépassé la date prévue de clôture © AFP Karim SAHIB
  • Les enjeux de la COP28 résumés en 5 minutes

    Les enjeux de la COP28 résumés en 5 minutes

    Antoine Gillod, directeur de l’Observatoire de l’action climat pour l’Association Climate Chance explique les enjeux de la très controversée COP28.

    Il rappelle qu’elle doit dresser le bilan de l’Accord de Paris, or celui-ci est loin d’avoir atteint ses objectifs puisque les émissions de gaz à effet de serre n’ont pas été réduite, au contraire. Il explique la difficulté de sortir des énergies fossiles. En effet l’essor des renouvelables ainsi que l’électrification de la mobilité ne signifie pas nécessairement que le pétole et le gaz sont remplacés.

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici.

  • Les énergies fossiles en ligne de mire dès l’ouverture de la COP28

    Les énergies fossiles en ligne de mire dès l’ouverture de la COP28

    La COP28 s’est ouverte jeudi à Dubaï sur des appels de ses organisateurs à ne plus éluder le débat sur les énergies fossiles, en attendant une première décision cruciale pour concrétiser un fonds de compensation des pertes et dommages climatiques dans les pays vulnérables.

    « Ces deux prochaines semaines ne seront pas faciles », a prévenu le président de la COP28, Sultan Al Jaber, en ouvrant la 28e conférence des Nations unies sur le changement climatique lors d’une cérémonie devant les délégués de près de 200 pays.

    Aux portes du désert, à Dubaï, le site de l’Exposition universelle de 2020 devient ainsi pour deux semaines le coeur battant de la diplomatie climatique, les Emirats et l’ONU espérant une COP aussi historique que celle de Paris en 2015.

    Signe que le conflit entre Israël-Hamas occupe les esprits, le président de la précédente conférence, Sameh Choukri, chef de la diplomatie égyptienne, a appelé au début de la cérémonie à un court moment de silence pour « tous les civils ayant trouvé la mort dans le conflit actuel à Gaza ».

    La première grande décision attendue de cette conférence à l’affluence record devrait être la mise en oeuvre du nouveau fonds pour compenser les pertes et dommages liés au climat, après un an de négociations très tendues entre pays du Nord et du Sud.

    « Le travail est loin d’être achevé », a toutefois réagi l’alliance des petits Etats insulaires (Aosis) par avance. « On ne sera pas tranquilles tant que ce fonds ne sera pas financé convenablement et commencera à alléger le fardeau des communautés vulnérables ».

    Reste en effet à savoir de combien sera doté ce fonds, qui sera initialement accueilli par la Banque mondiale. L’adoption ouvrirait la voie à l’annonce par des pays développés des premières promesses financières.

    L’Union européenne, l’Allemagne, la France, le Danemark ainsi que les Emirats arabes unis sont censés s’engager d’ici samedi à quelques centaines de millions de dollars de mise de départ, selon des négociateurs interrogés par l’AFP.

    Mais « on attend des promesses en milliards, pas en millions », a pressé Rachel Cleetus, du groupe américain Union of Concerned Scientists (UCS).

     « phase terminale »

    Cette adoption dès le premier jour libérerait les délégués pour qu’ils se concentrent sur les autres batailles à l’ordre du jour, à commencer par les énergies fossiles.

    Egalement directeur général de la compagnie pétrolière nationale Adnoc, Sultan Al Jaber, a mis les pieds dans le plat en appellant à mentionner « le rôle des combustibles fossiles » dans tout accord final, alors qu’il est sous le feu des critiques après la publication par la BBC et le Centre for Climate Reporting de notes internes de préparation de réunions officielles qui énumèrent des arguments pour la promotion des projets d’Adnoc à l’étranger. Il a rejeté ces accusations mercredi.

    Le chef de l’ONU Climat, Simon Stiell, s’est montré encore plus direct: « si nous ne donnons pas le signal de la phase terminale de l’ère fossile telle que nous la connaissons, nous préparons notre propre déclin terminal ».

    Au même moment, l’Organisation météorologique mondiale confirmait que l’année 2023 devrait être la plus chaude jamais enregistrée, avec « une cacophonie assourdissante de records battus. »

    Ombre du conflit Israël-Hamas

    Plus de 97.000 personnes (délégations, médias, ONG, lobbys, organisateurs, techniciens…) sont accréditées, deux fois plus que l’an dernier, et environ 180 chefs d’Etats et de gouvernements sont attendus selon les organisateurs d’ici le 12 décembre, fin théorique de la conférence.

    Le pape François, grippé, a annulé sa venue, mais plus de 140 dirigeants défileront à la tribune vendredi et samedi, après la journée cérémonielle d’ouverture jeudi, pour des discours de quelques minutes censés donner une impulsion politique aux négociations byzantines qui occuperont les délégations pendant deux semaines.

    Le roi Charles III s’exprimera vendredi en ouverture de ce sommet de dirigeants, sans le président américain Joe Biden, remplacé par sa vice-présidente Kamala Harris, ni son homologue chinois, Xi Jinping.

    Le président israélien Isaac Herzog profitera de l’occasion pour mener une série de réunions diplomatiques destinées à faire libérer d’autres otages détenus par le Hamas, ont indiqué ses services.

    Il pourrait même croiser le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, car ils sont inscrits pour s’exprimer à quelques minutes d’intervalle vendredi.

    Sur le front climatique, les Emiratis préparent un déluge inaugural d’engagements volontaires d’Etats pour, par exemple, tripler les renouvelables d’ici 2030 ou doper les aides financières des pays riches vers les plus vulnérables.

    Mais seuls les textes officiels adoptés pendant la COP, dans le méticuleux processus onusien où le consensus est obligatoire, auront une force comparable à ce que fut l’accord de Paris.

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici. ©le président émirati de la COP28, Sultan Ahmed Al Jaber, lors de la cérémonie d’ouverture, le 30 novembre 2023 à Dubaï © AFP Giuseppe CACACE