Catégorie : Financements

  • Les énergies fossiles en ligne de mire dès l’ouverture de la COP28

    Les énergies fossiles en ligne de mire dès l’ouverture de la COP28

    La COP28 s’est ouverte jeudi à Dubaï sur des appels de ses organisateurs à ne plus éluder le débat sur les énergies fossiles, en attendant une première décision cruciale pour concrétiser un fonds de compensation des pertes et dommages climatiques dans les pays vulnérables.

    « Ces deux prochaines semaines ne seront pas faciles », a prévenu le président de la COP28, Sultan Al Jaber, en ouvrant la 28e conférence des Nations unies sur le changement climatique lors d’une cérémonie devant les délégués de près de 200 pays.

    Aux portes du désert, à Dubaï, le site de l’Exposition universelle de 2020 devient ainsi pour deux semaines le coeur battant de la diplomatie climatique, les Emirats et l’ONU espérant une COP aussi historique que celle de Paris en 2015.

    Signe que le conflit entre Israël-Hamas occupe les esprits, le président de la précédente conférence, Sameh Choukri, chef de la diplomatie égyptienne, a appelé au début de la cérémonie à un court moment de silence pour « tous les civils ayant trouvé la mort dans le conflit actuel à Gaza ».

    La première grande décision attendue de cette conférence à l’affluence record devrait être la mise en oeuvre du nouveau fonds pour compenser les pertes et dommages liés au climat, après un an de négociations très tendues entre pays du Nord et du Sud.

    « Le travail est loin d’être achevé », a toutefois réagi l’alliance des petits Etats insulaires (Aosis) par avance. « On ne sera pas tranquilles tant que ce fonds ne sera pas financé convenablement et commencera à alléger le fardeau des communautés vulnérables ».

    Reste en effet à savoir de combien sera doté ce fonds, qui sera initialement accueilli par la Banque mondiale. L’adoption ouvrirait la voie à l’annonce par des pays développés des premières promesses financières.

    L’Union européenne, l’Allemagne, la France, le Danemark ainsi que les Emirats arabes unis sont censés s’engager d’ici samedi à quelques centaines de millions de dollars de mise de départ, selon des négociateurs interrogés par l’AFP.

    Mais « on attend des promesses en milliards, pas en millions », a pressé Rachel Cleetus, du groupe américain Union of Concerned Scientists (UCS).

     « phase terminale »

    Cette adoption dès le premier jour libérerait les délégués pour qu’ils se concentrent sur les autres batailles à l’ordre du jour, à commencer par les énergies fossiles.

    Egalement directeur général de la compagnie pétrolière nationale Adnoc, Sultan Al Jaber, a mis les pieds dans le plat en appellant à mentionner « le rôle des combustibles fossiles » dans tout accord final, alors qu’il est sous le feu des critiques après la publication par la BBC et le Centre for Climate Reporting de notes internes de préparation de réunions officielles qui énumèrent des arguments pour la promotion des projets d’Adnoc à l’étranger. Il a rejeté ces accusations mercredi.

    Le chef de l’ONU Climat, Simon Stiell, s’est montré encore plus direct: « si nous ne donnons pas le signal de la phase terminale de l’ère fossile telle que nous la connaissons, nous préparons notre propre déclin terminal ».

    Au même moment, l’Organisation météorologique mondiale confirmait que l’année 2023 devrait être la plus chaude jamais enregistrée, avec « une cacophonie assourdissante de records battus. »

    Ombre du conflit Israël-Hamas

    Plus de 97.000 personnes (délégations, médias, ONG, lobbys, organisateurs, techniciens…) sont accréditées, deux fois plus que l’an dernier, et environ 180 chefs d’Etats et de gouvernements sont attendus selon les organisateurs d’ici le 12 décembre, fin théorique de la conférence.

    Le pape François, grippé, a annulé sa venue, mais plus de 140 dirigeants défileront à la tribune vendredi et samedi, après la journée cérémonielle d’ouverture jeudi, pour des discours de quelques minutes censés donner une impulsion politique aux négociations byzantines qui occuperont les délégations pendant deux semaines.

    Le roi Charles III s’exprimera vendredi en ouverture de ce sommet de dirigeants, sans le président américain Joe Biden, remplacé par sa vice-présidente Kamala Harris, ni son homologue chinois, Xi Jinping.

    Le président israélien Isaac Herzog profitera de l’occasion pour mener une série de réunions diplomatiques destinées à faire libérer d’autres otages détenus par le Hamas, ont indiqué ses services.

    Il pourrait même croiser le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, car ils sont inscrits pour s’exprimer à quelques minutes d’intervalle vendredi.

    Sur le front climatique, les Emiratis préparent un déluge inaugural d’engagements volontaires d’Etats pour, par exemple, tripler les renouvelables d’ici 2030 ou doper les aides financières des pays riches vers les plus vulnérables.

    Mais seuls les textes officiels adoptés pendant la COP, dans le méticuleux processus onusien où le consensus est obligatoire, auront une force comparable à ce que fut l’accord de Paris.

    Article publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici. ©le président émirati de la COP28, Sultan Ahmed Al Jaber, lors de la cérémonie d’ouverture, le 30 novembre 2023 à Dubaï © AFP Giuseppe CACACE
  • « Défis climatiques » : Trouver de nouvelles boussoles économiques

    « Défis climatiques » : Trouver de nouvelles boussoles économiques

    Sécheresse et canicules inédites, montée des eaux, biodiversité en chute libre… Partout dans le monde, les effets de la crise climatique se font sentir, de plus en plus intensément. Face à ce constat, documenté par les scientifiques dans les fameux rapports du GIEC, certains vivent dans la crainte qu’un point de non-retour soit atteint.

    Et si, au-delà des chiffres et des situations effrayantes, on s’intéressait aux initiatives qui portent leurs fruits ? C’est l’objet de « Défis climatiques : ces initiatives qui font bouger les lignes » une série de podcasts réalisée en partenariat avec l’Institut des hautes études pour la science et la technologie. Objectif : appréhender les mobilisations et les actions qui permettent de faire face à la crise climatique et qui donnent de l’espoir.

    Dans ce nouvel épisode, on s’intéresse aux enjeux économiques et à leur rôle dans la crise climatique. Notre obsession pour la croissance est-elle responsable de la crise climatique et plus généralement des dérèglements environnementaux ? Sur quels nouveaux indicateurs économiques s’appuyer pour assurer la survie de la biosphère ? Après la pandémie de Covid, pourquoi la question de la santé et du bien-être est devenue incontournable pour envisager l’avenir ?

    Autant de questions que nous abordons avec Éloi Laurent, enseignant à Sciences Po et à l’Université de Stanford, économiste senior à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Ses travaux portent sur les questions de bien-être et de soutenabilité environnementale. On peut retrouver ses deux derniers ouvrages aux éditions Les liens qui libèrent, Sortir de la croissance, mode d’emploi, Et si la santé guidait le monde ?, en édition de poche.


    À écouter aussi

    Épisode #1 : À quelle échelle agir ?
    Épisode #2 : La justice, un outil de plus en plus efficace ?
    Épisode #3 : Que peuvent les scientifiques face à un climat toujours plus contrasté ?


    Crédits, conception et animation, Françoise Mamouyet & Jennifer Gallé. Réalisation, Romain Pollet. Chargé de production, Rayane Meguenni. Musique, « Night », Kosmorider, 2022.

    Ce podcast prolonge une intervention tenue dans le cadre du cycle de formation 2021-2022 de l’Institut des hautes études pour la science et la technologie (IHEST), intitulé « Mobiliser les ressources pour les transitions : transformations, ruptures, métamorphoses »
    Éloi Laurent, Enseignant à Sciences Po et à l’Université de Stanford, économiste senior à l’Observatoire français des conjonctures économiques, Sciences Po
    Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
  • Les six chantiers prioritaires pour l’avenir de l’agriculture française

    Les six chantiers prioritaires pour l’avenir de l’agriculture française

    Avec 77 milliards d’euros de production en valeur pour 2019, la France est la première puissance productrice agricole européenne. Sur 48,5 % du territoire métropolitain, les 390 000 exploitations agricoles recensées en 2020 façonnent les paysages.

     

    En 2022 et dans les années qui viennent, les défis à relever demeurent toutefois nombreux.

    L’agriculture française a d’une part un impact négatif sur l’environnement et le climat, étant source d’émissions brutes de gaz à effet de serre non compensées par le carbone stocké dans les sols et les biomasses. Elle ne réussit pas d’autre part à générer un revenu décent à de nombreux agriculteurs, en dépit de soutiens publics importants. Le fossé se creuse également entre agriculteurs et consommateurs, exigeants, mais souvent peu enclins à dépenser davantage pour leur alimentation.

    Dans un tel contexte, l’agriculture française doit résolument s’engager sur une autre voie en répondant à six grands défis.

    1. Réduire (enfin) l’usage des pesticides

    Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture « intensive » s’est construite sur la mécanisation et la chimie. Ses impacts négatifs sur la santé des hommes et des écosystèmes sont établis.

    Depuis 2008, le gouvernement français porte un plan de réduction massive des produits phytosanitaires, traduction de la directive européenne 2009/128/CE, ambition reprise à l’échelle européenne dans le cadre du Pacte vert. Mais si elle a permis d’accélérer le retrait de certaines molécules parmi les plus préoccupantes et en particulier les CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques), cette initiative n’a pas produit la baisse escomptée.

    Pulvérisation de pesticides dans le nord de la France (2013). Philippe Huguen/AFP

    Les différents plans Ecophyto auront néanmoins permis d’identifier de nombreux axes de progrès :
    – les pratiques agroécologiques pour gérer la fertilité des sols et contenir les ravageurs ;
    – l’agriculture de précision portée par la géolocalisation et le numérique de façon à augmenter l’efficacité des usages de pesticides (avec un gain espéré d’environ 10 %) ;
    – la sélection variétale orientée sur la résistance génétique des cultures aux maladies, avec de réels progrès déjà enregistrés sur le blé et la vigne notamment ;

    • le développement du biocontrôle.

    Le réseau des fermes Dephy mis en place dans le cadre d’Ecophyto montre que de telles évolutions sont possibles. D’autre part, le dispositif du conseil en agriculture, réellement séparé de la vente de produits phytosanitaires, doit être mis au service de la généralisation de ces expérimentations.

    Les politiques publiques, notamment la politique agricole commune (PAC), doivent être mobilisées en renforçant la redevance pour pollutions diffuses appliquée aux achats de pesticides, en obligeant les vendeurs de ces produits à participer à l’effort de réduction (par l’offre d’alternatives dans le cadre du dispositif des certificats d’économie de produits phytosanitaires), en rémunérant les agriculteurs pour les efforts importants de réduction (y compris en couvrant la prise de risque) et en soutenant les investissements de matériels permettant de réduire les usages de pesticides.

    2. Diminuer les émissions de gaz à effet de serre agricoles

    Les émissions de gaz à effet de serre agricoles. Ministère de l’Agriculture (à partir des données CITEPA)

    D’après le CITEPA, l’agriculture représentait, en 2020, 21 % des émissions françaises de gaz à effet de serre sous forme de méthane CH4 (45 %), protoxyde d’azote N20 (42 %) et dioxyde de carbone CO2 (13 %). Ces émissions sont stables (-0,1 % entre 2015 et 2018).

    Les émissions de méthane sont directement liées à la taille du cheptel, notamment de bovins chez qui elles sont essentiellement produites lors de la digestion de la cellulose des fourrages.

    Elles peuvent être légèrement diminuées en modifiant l’alimentation des animaux – grâce notamment à l’incorporation de tourteaux de lin et d’additifs, dont les effets sont prometteurs, mais restent à confirmer –, en augmentant la productivité des animaux, ce qui permet de réduire leur nombre à production constante, et en réduisant la taille du cheptel dans le cadre de régimes alimentaires des humains moins riches en viande rouge.

    Les émissions de N2O et de CO2 seront diminuées en jouant sur les formes et les modalités d’application des engrais, et surtout en utilisant moins d’engrais azotés minéraux et organiques grâce à un recours accru aux légumineuses et à une meilleure articulation des productions végétales et animales dans les territoires.

    Le stockage de carbone dans les sols, promu avec l’initiative 4/1000, a l’avantage additionnel d’améliorer leur fertilité et leur structure. L’agriculture peut aussi contribuer à la production d’énergie renouvelable sous diverses formes (méthanisation, photovoltaïque, etc.)… à condition qu’il n’y ait pas concurrence avec la production alimentaire et la restitution du carbone au sol.

    Ces voies de progrès sont au cœur de nombreuses démarches : agriculture de conservation des sols, agriculture du vivant ou régénératrice, permaculture, etc. Ces pratiques sont à encourager par les politiques publiques, selon la même logique que celle appliquée aux pesticides, soit en mobilisant plus strictement les principes émetteur-payeur et stockeur-bénéficiaire.

    3. Assurer le développement de l’agriculture biologique à grande échelle

    Le cahier des charges de l’agriculture biologique (AB) garantit une production sans intrants chimiques, avec des bénéfices sur la qualité des sols, de l’eau et de l’air, la préservation de la biodiversité, et la santé des agriculteurs, des habitants et des consommateurs du fait d’une moindre exposition aux contaminants.

    Ses bénéfices nutritionnels comme son impact sur le climat font toujours l’objet de débats. Si les pratiques de l’AB permettent bien de réduire les émissions de gaz à effet de serre rapportées à l’hectare, ce n’est pas toujours le cas quand elles sont mesurées par unité de produit du fait d’une moindre productivité. Pour la même raison, l’agriculture bio nécessitera davantage de terres pour produire les mêmes quantités de biens.

    Évolution des surfaces cultivées en bio en France. Agence Bio

    Ces rendements plus faibles requièrent des prix des produits finaux plus élevés. L’équilibre économique des exploitations en AB a été assuré jusqu’à aujourd’hui par un marché tendanciellement porteur et par des aides, notamment lors de la période de conversion vers l’AB pendant laquelle les produits ne sont pas labellisés.

    La poursuite du développement de l’AB nécessite des innovations (sélection variétale, pratiques agronomiques, etc.) pour accroître et stabiliser les rendements. Elle exige aussi que le marché reste dynamique et soit accessible à tous.

    Les politiques publiques doivent ainsi favoriser l’accès des plus précaires à l’alimentation biologique, par exemple par un système de chèques alimentaires. L’AB gagnera aussi à ce que les services négatifs de l’agriculture soient plus explicitement pénalisés, et les services positifs récompensés.

    Enfin, des changements de régimes alimentaires et la réduction des pertes et gaspillages seront nécessaires, notamment pour limiter les besoins en terres du fait des moindres rendements de l’AB, comme le soulignait en 2018 le scénario TYFA de l’IDDRI.

    4. Adapter l’offre agricole aux nécessaires évolutions des régimes alimentaires

    Des régimes alimentaires trop caloriques et trop déséquilibrés (trop de sucres, de graisses, de sel, de charcuteries et de viandes rouges ; pas assez de protéines et de fibres végétales, de fruits et de légumes) ont des effets négatifs sur la santé, entraînant surpoids, obésité et maladies chroniques.

    En France, en 2016, le coût social annuel du surpoids et de l’obésité s’élevait à 20,4 milliards d’euros, comparable à celui du tabac et supérieur à celui de l’alcool. Pourtant, les politiques nutritionnelles, essentiellement basées sur la norme, les recommandations, l’information et l’étiquetage (Nutri-Score), et très peu sur des mesures fiscales incitatives (taxes ou subventions), restent très modestes.

    Les changements de régimes alimentaires ne seront pas sans conséquence sur l’offre agricole (et agroalimentaire). Ils impacteront négativement les consommations de produits animaux, baisse à laquelle les producteurs doivent se préparer en compensant la réduction des volumes par une augmentation de la qualité.

    Cette perspective est aussi l’occasion de revoir la spécialisation marquée des troupeaux de bovins lait et viande en favorisant des races mixtes, comme la Normande ou l’Aubrac qui valorisent à la fois la production de lait et de viande, et peuvent permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre des bovins.

    Il convient simultanément d’encourager le développement de filières structurées et compétitives de fruits, de légumes et de protéines végétales. Ces dernières requièrent de travailler la production, la collecte, la transformation (nouvelles recettes), et les habitudes de consommation grâce à l’éducation et à l’information. Plusieurs expérimentations, à l’image de celle du territoire d’innovation « Alimentation durable 2030 » à Dijon, sont prometteuses.

    5. Concilier protection de l’environnement et revenus agricoles

    Les revenus des exploitations agricoles françaises sont très dépendants des soutiens budgétaires de la PAC qui, en 2019, représentaient en moyenne les trois quarts du revenu courant avant impôt.

    Cette dépendance est encore plus grande, supérieure à 100 %, pour certaines catégories d’exploitations (250 % pour les bovins viande, 136 % pour les bovins viande et lait, 128 % pour les céréales et oléo-protéagineux). Elle rend très difficile toute modification des modalités d’octroi des aides, notamment pour satisfaire des objectifs écologiques, qui mettrait en péril la viabilité économique de nombre d’exploitations.

    Le statu quo écologique n’est toutefois plus une option.

    Sortir de ce dilemme requiert de renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs pour mieux répartir la valeur (regroupement de l’offre, biens adaptés aux attentes des consommateurs, développement de circuits courts).

    Il exige aussi de développer des sources complémentaires de revenu, en mobilisant ces différents axes : réduire les coûts de production en mobilisant toutes les sources de progrès (génétique, numérique, optimisation de l’usage de la biomasse, innovation ouverte…) ; exploiter le consentement à payer des consommateurs pour des produits issus de systèmes plus respectueux du climat et de l’environnement, et accorder parallèlement aux ménages les plus pauvres des aides leur permettant d’accéder à ces produits ; développer les paiements pour services environnementaux financés par le contribuable, mais aussi l’usager ; limiter les distorsions de concurrence entre agriculteurs de l’espace européen et ceux des pays tiers grâce à l’introduction de mécanismes d’ajustement aux frontières européennes au titre du climat, de l’environnement et de la santé.

    Une réflexion plus globale devra d’autre part être engagée quant à l’utilisation des économies réalisées grâce aux dépenses de santé et de dépollution en baisse. Ce seraient plus de 50 milliards d’euros qui seraient dépensés chaque année en France pour la seule dépollution des eaux en pesticides et nitrates…

    6. Rendre le métier d’agriculteur plus attractif

    En 2019, 55 % des agriculteurs français avaient plus de 50 ans. Et quand 10 d’entre eux partent en retraite, 7 seulement s’installent. Au vieillissement de cette population s’ajoute donc le non-renouvellement des générations.

    Le paradoxe actuel étant qu’une agriculture plus agroécologique nécessite davantage de main-d’œuvre (pour surveiller plantes et animaux, assurer le désherbage mécanique des cultures, développer des activités de transformation et de vente, etc.), avec des qualifications plus étendues et plus élevées. Ces difficultés ne sont pas propres à la France et se retrouvent, avec des spécificités nationales, dans les différents pays européens.

    À Lyon en décembre 2008, lors d’une manifestation contre la baisse du prix du lait. Fred Dufour/AFP

    Selon le Comité économique et social européen, plusieurs facteurs défavorables expliquent cette double spirale négative : les écarts de revenu entre l’agriculture et les autres secteurs d’activité ; la charge administrative d’accès aux aides de la PAC ; des normes européennes plus contraignantes que dans la plupart des autres pays ; des difficultés de trésorerie, de financement des investissements et d’accès au foncier ; la faiblesse des retraites agricoles ; et des contraintes liées à la vie en milieu rural (accès plus difficile aux services publics et privés).

    Les leviers d’action devront combiner politiques sociale, foncière, agricole et territoriale. La revalorisation des retraites et leur conditionnement à la transmission du foncier à des entrants limitera la rétention des terres par les plus âgés.

    Une politique foncière efficace ciblera deux objectifs : la protection vis-à-vis de l’artificialisation des terres et leur accès en priorité aux actifs agricoles.

    Au-delà de sa mission productive, une refonte du métier pourrait être menée en inscrivant l’exploitation agricole dans une dynamique d’entreprise à mission qui redéfinirait le contrat social qui lie la société à ses agriculteurs.

    Cécile Détang-Dessendre, Directrice de recherche en économie, Inrae; Christian Huyghe, Directeur scientifique pour l’agriculture, Inrae; Hervé Guyomard, Chercheur, Inrae et Xavier Reboud, Chercheur en agroécologie, Inrae
    Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
    Photo©Plantation d’asperges dans une exploitation bio en Alsace. Sebastien Bozon / AFP

  • Rapport du Giec : quels sont les freins à l’adaptation climatique ?

    Rapport du Giec : quels sont les freins à l’adaptation climatique ?

    Le second volet du dernier rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) s’intéresse aux conséquences du réchauffement climatique, mais il met aussi en lumière les freins à l’adaptation. Le défi climatique concerne toutes les régions du globe, mais toutes ne réagissent pas de la même manière, ni efficacement.

    Le Giec a identifié des facteurs expliquant les difficultés des différentes régions du monde à se préparer au monde de demain. Bien qu’il existe un consensus sur la nécessité d’agir, cela ne signifie pas pour autant que la lutte contre le changement climatique soit efficace ou bien orientée. Panorama des difficultés rencontrées autour du monde établi par le Giec.

    Une gouvernance faible sur la question climatique

    Un manque de directive efficace semble être l’un des freins majeurs à l’adaptation climatique.

    Pour l’Europe, l’Asie, l’Afrique, les stratégies d’adaptation se montrent peu efficientes, selon les experts du climat. Ils soulignent en particulier que les petites Îles (les états insulaires du Pacifique, des Caraïbes et de l’Océan Indien) ne possèdent pas les institutions et les systèmes légaux adéquats pour élaborer des stratégies d’adaptation à grande échelle.

    Pourtant, confrontées à la montée du niveau des mers, elles sont considérées comme ayant le plus besoin d’investissement pour l’adaptation climatique.

    Pour l’Europe, les enjeux sont le manque d’engagement citoyen, une mobilisation budgétaire insuffisante, un manque de ressources et un « sens faible de l’urgence », selon le rapport. L’adaptation dépend également de l’eau et des terres disponibles, or les pressions sur ces ressources vont augmenter avec la hausse des températures et les modifications de la pluviométrie. Les auteurs du Giec pointent aussi le fait que les infrastructures préexistantes et les stratégies industrielles freinent les mesures d’adaptation sur le Vieux Continent. Quant aux pays d’Amérique du Nord, les points de blocages sont, en partie, à aller chercher ailleurs. En effet, l’enjeu est autre car il concerne l’opinion publique et la place de la science. La politisation du changement climatique ajoutée à la désinformation apparaît comme un frein à l’adaptation. 

    « La désinformation a créé une polarisation dans les domaines publics et politiques en Amérique du Nord, limitant l’action climatique » cite la fiche du Giec consacrée à l’Amérique du Nord.

    La sous-estimation des changements et risques climatiques retarde la planification d’une stratégie d’adaptation efficace.

    Les pays asiatiques, eux, se dotent de nouvelles technologies, des intelligences artificielles et de partenariats régionaux pour faire face au risque climatique. En revanche, la hiérarchisation et la priorisation des enjeux semblent difficiles pour les gouvernements de cette région du monde.

    Un obstacle majeur à l’adaptation : le budget

    Le coût de l’adaptation climatique est estimé par l’UNEP (le programme des Nations Unies pour l’environnement) entre 280 et 500 milliards de dollars par an d’ici à 2050, uniquement pour les pays en développement. Les pays les plus pauvres se retrouvent donc en difficulté comparé aux pays dits « du Nord ».

    Le Giec confirme que le budget attribué à l’Afrique pour l’adaptation est inférieur à ce qu’il faudrait faire. Inger Anderson, directrice exécutive du programme des Nations Unies pour l’environnement et co-auteur du Giec déclare que nous sommes face à une situation « [d‘]injustice climatique » qui affecte les populations les plus pauvres et vulnérables de la planète.

    Par exemple, selon le Giec, entre 1990 et 2019, les recherches sur l’Afrique ont représenté 3,8 % des financements globaux de la recherche dans le monde, et ce alors que le continent abrite 18 % de la population mondiale. L’absence de recherches réduit la capacité d’adaptation des pays du continent en raison du manque de connaissances et d’expertise sur ces sujets.

    Suite aux Accords de Paris de 2015, une aide de 100 milliards de dollars était prévue pour l’aide au développement et à l’adaptation pour les pays du sud. Seulement 80 milliards ont cependant été levés.

    Article publié avec l’aimable autorisation de notre partenaire-contributeur, le GoodPlanet Mag’. Article source ici.
  • Comprendre la notion de « limites planétaires »

    Comprendre la notion de « limites planétaires »

    Quand un athlète approche de trop près les limites de son corps, il arrive souvent que ce dernier réagisse par une blessure qui le contraint alors au repos. Quel sportif ayant poussé trop loin ses capacités ne s’est fait rappeler à l’ordre par un claquage, une tendinite, une fracture ou autre douleur l’obligeant à lever le pied ?

     

    En écologie, il est aussi démontré que les écosystèmes nous envoient des signes lorsqu’ils sont en train d’atteindre des niveaux de dégradation tels qu’ils ne peuvent plus assurer les fonctions de régulation qui leur permettent de maintenir leur équilibre. C’est ce qu’on appelle des « signaux d’alarme précoces » (« early warning signals » en anglais).

    Depuis la pandémie de Covid-19, plusieurs auteurs ont fait le lien entre l’épidémie et le déclin de la biodiversité). Le lien entre l’émergence actuelle des zoonoses et le déclin de la biodiversité est également documenté depuis quelques années ; celui entre maladies infectieuses et changement climatique commence également à l’être.

    Et, début 2022, des chercheurs du Stockholm Resilience Centre et leurs collègues, ont alerté sur des niveaux de pollution chimique et plastique hors de contrôle au niveau mondial.

    Ces différents signaux d’alarme viennent nous rappeler que les capacités de la planète à absorber les pollutions et dégradations que nous lui imposons sont limitées. Et comme pour un sportif, approcher de trop près ces limites n’est pas sans danger…

    Des limites planétaires à ne pas dépasser

    Depuis plus de dix ans, des scientifiques issus de disciplines et d’institutions différentes travaillent ensemble à définir à l’échelle planétaire le cadre d’un « espace de fonctionnement sûr » (SOS – Safe Operating Space, en anglais), caractérisé par des limites physiques que l’humanité devrait respecter sous peine de voir les conditions de vie sur Terre devenir bien moins accueillantes pour la vie humaine. Ce cadre a depuis été complété et actualisé à l’occasion de plusieurs publications.

    Ces auteurs mettent en avant la dimension holistique du « système Terre ». Par exemple, l’altération de l’utilisation des sols et des cycles de l’eau rend les systèmes plus sensibles aux changements climatiques. Les modifications des trois grands systèmes globaux de régulation sont aujourd’hui bien documentées : l’érosion de la couche d’ozone, le changement climatique et l’acidification des océans.

    Le lit du Doubs asséché
    Cette vue aérienne montre la terre craquelée du lit du Doubs asséché, le 15 septembre 2020, à Villers-le-Lac, dans l’est de la France. Du fait de la sécheresse dans la région, le fleuve a atteint l’un de ses niveaux les plus bas depuis plus d’un siècle. Sébastien Bozon/AFP

    D’autres cycles, plus lents et moins visibles, régulent la production de la biomasse et de la biodiversité, contribuant ainsi à la résilience des systèmes écologiques : les cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, le cycle de l’eau douce, les changements d’utilisation des sols et l’intégrité génétique et fonctionnelle de la biosphère. Enfin, deux phénomènes présentent des limites qui ne sont à ce jour pas quantifiées par la communauté scientifique : la pollution atmosphérique par les aérosols et l’introduction d’entités nouvelles (chimiques ou biologiques, par exemple).

    Ces sous-systèmes biophysiques réagissent de façon non linéaire, parfois brutale, et sont particulièrement sensibles lorsque l’on s’approche de certains seuils. Les conséquences du dépassement de ces seuils risquent alors d’être irréversibles et pourraient, dans certains cas, conduire à des changements environnementaux démesurés.

    Plusieurs limites planétaires déjà dépassées, d’autres sur le point de l’être

    Selon Steffen et ses collègues (2015), les limites planétaires sont déjà dépassées pour le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, les cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore et le changement d’utilisation des sols. Selon les chercheurs du Stockholm Resilience Centre et leurs collègues (2022), celles relatives à la pollution plastique et chimique le sont aussi. 

    On s’approche également dangereusement des limites en ce qui concerne l’acidification des océans. Pour ce qui est du cycle de l’eau douce, si W. Steffen et ses collègues considèrent que la limite n’est pas encore atteinte à l’échelle mondiale, le ministère de la Transition écologique et solidaire constate que le seuil est déjà franchi au niveau de la France.

    Ces dépassements ne pourront pas se prolonger indéfiniment sans menacer les équilibres du système Terre. D’autant que ces processus sont intimement liés les uns aux autres. Par exemple, transgresser les limites d’acidification des océans ainsi que celles des cycles de l’azote et du phosphore limitera, à terme, la capacité des océans à absorber le carbone atmosphérique. De même, l’artificialisation des terres et la déforestation diminuent la capacité des forêts à séquestrer le carbone, et donc à limiter le changement climatique. Mais elles réduisent aussi la résilience des systèmes locaux face aux changements globaux…

    Représentation des neuf limites planétaires (traduit de Steffen et coll., 2015)

    Steffen, W.,et al. « A safe operating space for humanity ». Nature 461, pp. 472–475

    Agir au plus vite pour éviter le risque de modifications profondes des conditions biophysiques

    Les ressources biologiques dont nous dépendons subissent des transformations rapides et imprévisibles à l’horizon de quelques générations humaines. Ces transformations risquent de provoquer un effondrement des écosystèmes, des pénuries alimentaires ainsi que des crises sanitaires potentiellement bien pires que celle que nous connaissons aujourd’hui. Les principaux facteurs à l’origine de ces impacts planétaires sont clairement identifiés : il s’agit de la croissance de la consommation de ressources ; de la transformation et de la fragmentation des habitats naturels ; et de la consommation d’énergie.

    Il est également largement établi que les pays les plus riches sont majoritairement responsables des pressions écologiques à l’origine de l’atteinte des limites planétaires… alors que les pays du Sud, plus pauvres, sont majoritairement victimes des conséquences de ces dégradations.

    Inondation à Bangui
    Cette photo aérienne montre les quartiers totalement inondés par les eaux, à Bangui, le 28 octobre 2019, après la plus importante depuis 20 ans, selon le chef de la Croix-Rouge centrafricaine. 28 000 personnes se sont retrouvées sans abri à cause de la montée des eaux. Florent Vergnes/AFP

    L’épisode de crise sanitaire que nous connaissons a montré que des décisions politiques fortes pouvaient être prises afin de respecter une limite – celle, par exemple, du nombre de lits disponibles pour accueillir des malades. Saurons-nous en faire autant avec les limites planétaires ?

    Les 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le Climat avaient d’ailleurs proposé de « faire évoluer notre droit afin que le pouvoir judiciaire puisse prendre en compte les limites planétaires. […] La définition des limites planétaires permet d’établir un référentiel pour quantifier l’impact climatique des activités humaines. » 

    Un objectif ambitieux et plus que jamais nécessaire.

    Natacha Gondran, Enseignante-chercheuse en évaluation environnementale, Mines Saint-Etienne – Institut Mines-Télécom & Aurélien Boutaud, Docteur en sciences et génie de l’environnement, Mines Saint-Etienne – Institut Mines-Télécom
    Article publié avec l’aimable autorisation de The Conversation France. Article source ici.
    Photo ouverture ©Ramassage de déchets sur une plage du Sri Lanka, en 2020. LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP
  • 20 Questions To Women a besoin de vous!

    20 Questions To Women a besoin de vous!

    Ces dernières années ont soulevé bon nombre d’interrogations sur la perception de la femme dans la société, interrogations relayées par les médias, les réseaux sociaux et les personnalités du monde entier. Mais ces interrogations sont noyées dans un océan de contenus et d’avis contradictoires qui brossent un portrait plutôt pessimiste du monde. Submergées d’informations, des changements positifs sont néanmoins perceptibles. De plus en plus de gens s’interrogent et s’engagent pour façonner une société plus égalitaire, respectueuse et durable.

    Diane et Capucine, deux jeunes étudiantes en année de césure, se sont rencontrées en prépa: Diane est maintenant étudiante en Master Peace Studies à l’Université Paris-Dauphine et Capucine est étudiante en Master in Management à l’ESCP Europe.

    Elles ont décidé de permettre aux femmes et aux hommes de découvrir, par leurs interviews, une manière plus authentique d’appréhender le monde et de s’intéresser aux questions de genre. Elles contribueront notamment à apporter aux femmes interviewées une plateforme d’expression unique, apolitique, qui s’intéresse aux expériences qui les façonnent en tant que femmes.

    Ces interviews seront aussi l’occasion de récolter des données sociologiques. Cela permettra d’analyser par la suite les tendances (comportements, peurs, ressentis …) qui émergent des réponses à ces 20 questions.

    Ainsi, elles ont mis en place une campagne, en partenariat avec W4, qui a pour but de financer la préparation et le bon déroulé de ce projet. Tout don est le bienvenu, même le plus petit! Le budget total est d’un peu plus de 12 000€, mais l’objectif de la campagne est de récolter 7000€*.

    20 questions to women, c’est quoi ?

    20 Questions to Women est une série d’interviews filmées dans lesquels nous posons les mêmes 20 questions à toutes les femmes que nous rencontrons. Ces 20 questions abordent les différents thèmes de la féminité: famille, travail, maternité, éducation, corps … La construction de cette société idéale nécessite une meilleure écoute et une meilleure compréhension des femmes. Pourquoi? Parce qu’elles vivent des expériences propres qui restent peu comprises : discriminations de genre, maternité, rapport au corps, accès à l’éducation, etc. Qu’est-ce qu’être une femme aujourd’hui? Quel est son ressenti sur l’égalité de genre? Nous interrogerions-nous de cette manière si nous étions nées ailleurs? Notre génération est-elle synonyme d’un changement durable?

    Il y a deux ans, nous sommes allées en Inde, où nous avons rencontré des femmes fascinantes. Notre rencontre avec Cyril, le créateur de 20 Questions to the World nous a permis de concrétiser notre envie d’en découvrir plus quant à la perception des questions de genre, notamment en Asie.

    Nous comptons réaliser environ 150 interviews durant ces 6 mois. Nous ferons également une série d’interviews pour mettre en avant le parcours de certaines femmes particulièrement inspirantes. Les réponses récoltées feront l’objet de montages et de vidéos afin de transmettre de manière neutre ce que vivent et pensent les femmes. Ces vidéos seront diffusées sur les plateformes de l’association 20 Questions to the World et relayées par nos partenaires.

    Combien de temps va durer ce projet ?

    Nous consacrons 6 mois à la réalisation de ce projet. Nous le débutons en France et nous avons choisi de partir ensuite en Asie, ce continent incroyablement riche et diversifié en termes de développement, de systèmes politiques et religieux, d’organisation de la société. Ce voyage nous permettra de collecter les données les plus complètes possibles. Ce projet a vocation à s’étendre et à perdurer après ces 6 mois.

    20QTW2

    Comment peut-on vous aider ?

    Nous avons atteint aujourd’hui 23% de l’objectif mais 20QtWomen a encore besoin de votre aide! En vous rendant sur l’adresse citée ci-dessous, vous pouvez participer, même avec un tout petit don, l’objectif, fixé à 7000€ a pour but de financer le bon déroulé de ce projet: matériel audiovisuel, formation vidéo, montage, etc.

    Pour plus d’informations:
    Facebook: 20QuestionsToWomen
    Pour faire un don:
    Campagne W4
    *Les dons effectués sur la plateforme sont déductibles d’impôts en France (reçu fiscal de 66% du montant du don).

  • Akuo remporte 370 MW de projets solaires au Portugal

    Akuo remporte 370 MW de projets solaires au Portugal

    Akuo, premier producteur indépendant français d’énergie renouvelable et distribuée, vient de remporter 370 MW (équivalent à une capacité installée de 462,5 MWc) sur les 1400 MW d’énergie photovoltaïque mis aux enchères lors de l’appel offres organisé par l’État portugais, soit un tiers de l’objectif national.

     

    Un grand succès pour le groupe Akuo

    Akuo renforce ainsi sa position au Portugal et confirme sa volonté de s’implanter durablement dans ce pays dont l’engagement particulièrement volontariste dans le développement des énergies renouvelables doit être salué.

    Acteur des territoires sur le long terme

    Les 370 MW (équivalent à une capacité installée de 462,5 MWc) remportés par le Groupe sont répartis en 3 projets solaires respectivement de 150 MW, 120 MW et 100 MW (correspondant à 187,5 MWc, 150 MWc et 125 MWc).

    Avec cet appel d’offres, Akuo s’inscrit dans la durée en signant des baux de très longue durée et donnant ainsi des perspectives très long terme aux territoires concernés. Akuo, véritable acteur des territoires, mettra ainsi à la disposition de ces territoires son expertise pour associer toutes les parties prenantes et faire de ces projets de véritables succès tant d’un point de vue énergétique et économique qu’humain et environnemental.

    Le Portugal, la nouvelle référence pour le développement des énergies renouvelables dans l’Union Européenne

    Le Portugal a transposé la Directive européenne de 2008 sur la production d’énergie renouvelable dans son Plan National d’Action pour les Energies Renouvelables 2013-2020. Avec ce plan, le pays s’est fixé un objectif ambitieux d’atteindre 59,6% d’énergie renouvelable dans le mix électrique d’ici à 2020.

    Les résultats de ces enchères démontrent que le Portugal est décidé à devenir le chef de file des Etats membres pour une transition énergétique au service des citoyens ; et ce, dans un calendrier ambitieux qui répond à l’urgence climatique de notre continent. Le pays fait figure des meilleurs élèves européens, se plaçant ainsi au 5ème rang avec une production d’électricité renouvelable atteignant 54,2% en 2017 et augmentant encore de 2,2% en 2018.

    Eric Scotto, président et co-fondateur d’Akuo, déclare:

    Les entreprises portugaises nous ont très souvent accompagnés dans la construction de nos projets dans le monde. Ainsi, la joie et l’honneur que l’Etat portugais nous fait en nous retenant comme lauréat s’en trouvent tout simplement décuplés. Nous saurons nous montrer à la hauteur de cette confiance en apportant notre expertise de producteur d’énergies renouvelables ! Avec cet appel d’offres, le Portugal montre l’exemple aux pays de l’Union Européenne et confirme que les énergies renouvelables sont la garantie d’une autonomie énergétique pérenne et durable. Chez Akuo nous sommes fiers de ce succès, du travail mené par nos équipes et de l’exemple porté par le Portugal!

  • Levée de fonds historique pour M2i Life Sciences

    Levée de fonds historique pour M2i Life Sciences

    Pour accompagner sa forte croissance, M2i Life Sciences vient de conclure une augmentation de capital de 60 millions d’Euros auprès de 5 investisseurs de référence (ADM Capital, Eurazeo Growth, Téthys Invest, Creadev et France 2i géré par RAISE Impact). Cette opération permet à M2i de renforcer son capital en vue de créer un leader mondial de la protection biologique des plantes et des cultures.

     

    En 6 ans, M2i Life Sciences (M2i) s’est imposé comme un acteur clé de la transition écologique. M2i est le leader européen et l’un des principaux acteurs au niveau mondial du marché des phéromones. Les phéromones sont des odeurs naturellement émises par les insectes et qui, reproduites par bio-mimétisme en laboratoire et appliquées dans les cultures, permettent de lutter efficacement contre les insectes ravageurs, en substitution des insecticides conventionnels. Pour faire face aux nouveaux défis d’une croissance plus verte, plus efficiente et soucieuse de l’environnement, les phéromones, sélectives et respectueuses de la biodiversité, sont la solution la plus prometteuse.

    Avec plus de 60 produits commercialisés dans 25 pays, 19 familles de brevets, près d’une dizaine d’autorisations de mise sur le marché à travers le monde et grâce à des procédés de haute technologie en synthèse, formulation et application en champ, M2i apporte des solutions innovantes pour remplacer de façon efficace, durable et économique les pesticides chimiques en agriculture (maïs, coton, vergers, vignes, maraichages…), comme en parcs et jardins (palmiers, pins, buis…).

    L’objectif de M2i est d’assurer une position de leader mondial dans le secteur du biocontrôle. Pour renforcer son statut de référence technologique et commerciale dans un marché en croissance de 24% par an (source IBMA France, juillet 2019), soutenu par des attentes sociétales fortes avec des exigences nouvelles des consommateurs ou des producteurs, ainsi qu’un contexte règlementaire mondial favorable, M2i ouvre son capital à de nouveaux partenaires de premier plan: ADM Capital (à travers le fonds Cibus), Téthys Invest (holding d’investissement de la famille Bettencourt-Meyers), Creadev (holding d’investissement de la famille Mulliez) et France 2i (le fonds de la Fondation de France géré par Raise Impact), tout en continuant à s’appuyer sur son actionnaire historique Idinvest Partners et plus particulièrement son équipe capital croissance qui désormais porte le nom d’Eurazeo Growth.

    Cette augmentation de capital de 60 millions d’Euros, réalisée avec des partenaires engagés sur le long terme, combinant connaissance des mécanismes du marché de l’agriculture, expertise dans le domaine des activités à fort impact environnemental et savoir-faire dans le domaine de la distribution, va permettre à la société de poursuivre l’extension de sa gamme de produits et leur commercialisation en France et à l’international. L’objectif de M2i est d’élargir significativement son portefeuille de produits homologués dans le monde d’ici à 2022, tout en lançant rapidement ses nouveaux produits de protection biologique en agriculture.

    Nous sommes extrêmement heureux d’accueillir aujourd’hui au capital de M2i de nouveaux partenaires de grande qualité. Cette opération, emmenée par ADM Capital, constitue une étape clé de notre développement. Avoir à nos côtés de tels investisseurs nous conforte, à la fois dans la stratégie innovante engagée depuis 2013 et dans notre ambition de porter rapidement sur le marché mondial nos produits déjà prêts de traitement biologique en grandes cultures et en cultures de spécialité, déclare Philippe Guerret, Président Directeur Général du Groupe M2i Life Sciences.

    Cette opération majeure dans le domaine de l’AgTech confirme le potentiel de croissance des solutions alternatives au service d’une agriculture durable et responsable. Il s’agit d’un marqueur fort quant à la dynamique du secteur qui devrait représenter 30% du marché de la protection des plantes avant 2030  (source IBMA France juillet 2019). Cela conforte notre engagement pérenne dans le monde de l’agriculture de demain, détaille Alastair Cooper, Responsable des Investissements and Venture Capital pour le fonds Cibus, ADM Capital.

    Photo©zhaohui008008 is licensed under CC BY-SA 2.0 
  • TrianOnAccess, l’accès solidaire à la propriété !

    TrianOnAccess, l’accès solidaire à la propriété !

    Avec sa nouvelle plateforme digitale TrianOnAccess, lancée le lundi 3 décembre dernier, Trianon Résidences révolutionne l’accès à la propriété des moins de 30 ans.

     

    Pour toute réservation d’un appartement par des acquéreurs n’ayant pas encore passé le cap de la trentaine, la société propose en effet la création d’un compte en ligne sécurisé TrianOnAccess. Celui-ci permet à l’entourage (famille, amis, collègues…) des futurs propriétaires de participer à l’achat du bien immobilier de leurs rêves. Mieux: Trianon Résidences accompagne la solidarité des proches et double la somme déposée.

    Une innovation déjà primée: Trianon Résidences s’est vu remettre le Prix de l’Innovation Sociale des Trophées de l’Innovation du Grand Est, organisés par Grand E-nov, l’agence régionale de l’innovation, ce lundi également, à la Filature de Mulhouse.

    La naissance d’un concept novateur

    À ce jour, force est de constater que plus de 80% des jeunes de moins de 30 ans souhaitent devenir propriétaires, mais que seuls 20% d’entre eux disposent d’une capacité de financement suffisante pour réaliser ce projet. Alors que les prêts immobiliers n’ont jamais atteint des taux d’intérêts aussi bas, leur accès reste fortement conditionné. Par ailleurs, l’obligation d’un apport personnel n’est pas toujours chose aisée à respecter lorsque l’on démarre sa vie professionnelle.

    Afin d’améliorer le potentiel d’acquisition des moins de 30 ans, Trianon Résidences innove et met en place une solution simple, constructive et solidaire en créant une cagnotte digitale gratuite: le concept TrianOnAccess est né.

    En pratique

    Dès la réservation de son appartement Trianon Résidences, le futur acquéreur sera accompagné et conseillé par un expert dans la mise en ligne de son projet sur TrianOnAcces.fr. Il le partagera avec son entourage qui pourra participer à la concrétisation de son projet. Après quelques semaines, Trianon Résidences effectue un point sur les montants collectés, et double cette somme dans la limite de 5000€.

    Le montant total de la collecte et son abondement sont définitivement attribués à l’acheteur lors de la signature de l’acte définitif, chez le notaire. Si la vente devait ne pas se réaliser, les montants versés par l’entourage sont rendus intégralement.

    40% des moins de 30 ans bénéficient de l’aide de leur entourage: parents, grands-parents, frères et sœurs, parrains et marraines, cousins, amis, collègues…pourront, grâce à cette tirelire solidaire, aider et participer à la concrétisation du projet des jeunes acquéreurs.

    Pour toutes informations supplémentaires: trianon-residences.fr
  • Patricia Zoundi: « Penser autrement l’agriculture en Côte d’Ivoire »

    Patricia Zoundi: « Penser autrement l’agriculture en Côte d’Ivoire »

    Depuis juillet 2018, l’équipe de l’association Follow’Her accompagne l’entrepreneure sociale ivoirienne Patricia Zoundi dans le développement de son nouveau projet dans l’agriculture durable: Canaan Land. Dans ce cadre, les trois membres de l’association Follow’Her ont interviewé Patricia qui nous livre aujourd’hui les grands challenges de l’agriculture ivoirienne et exprime la nécessité de changer de modèle pour aller vers une agriculture plus durable et plus inclusive.

    Quels sont les grands challenges de l’agriculture vivrière ivoirienne ?

    Il y a des challenges sur toute la chaîne de valeur : production, transformation, logistique, financement mais selon moi le plus grand challenge à relever est la commercialisation.

    Les petites agricultrices, qui représentent la grande majorité de la main d’œuvre du secteur, ont du mal à trouver des acheteurs. Les agricultrices des villages tentent de vendre leurs produits sur le bord de la route ou à des intermédiaires sur les marchés. Cependant les intermédiaires profitent souvent de leur situation pour faire baisser les prix et rachètent leur production à des prix dérisoires. Les femmes n’ont pas d’alternatives pour vendre leur production et sont limitées dans leurs déplacements. Elles doivent également faire face à de grandes incertitudes concernant la planification de leur production. Incertitudes qui sont accrues du fait des aléas provoqués par le changement climatique.

    La mécanisation de l’agriculture est aussi un grand défi à relever: la productivité est faible car les seuls outils utilisés sont la houe et la daba. Pour désherber plus rapidement leurs champs, les petits paysans font donc usage d’engrais chimiques nocifs. Etant souvent analphabètes et manquant cruellement d’informations, ils n’en connaissent pas les conséquences sur la santé et sur la fertilité des sols.

    Les techniques agricoles n’ont quasiment pas évolué. Les petits paysans cultivent encore la terre comme leurs parents. Il faut les former, leur donner des techniques modernes et respectueuses de l’environnement. C’est bien beau de faire de grandes conférences sur le sujet de l’agriculture durable dans des lieux huppés mais comment ce message arrive à l’agriculteur? Il faut montrer au paysan l’intérêt de préserver l’environnement et expliquer que ce n’est pas incompatible avec l’agriculture. Il faut leur donner une alternative et lorsqu’on commence à leur expliquer, ils s’y mettent.

    Les femmes sont donc au cœur du secteur agricole en Côte d’Ivoire, peux-tu nous parler davantage de leur situation ?

    La situation des femmes dans ce secteur n’est pas très reluisante. D’abord elles n’ont pas accès à la propriété foncière.

    Elles sont uniquement utilisées comme de la main d’œuvre dans les plantations de cacao ou dans les champs de leur mari. Elles restent sur des agricultures de subsistance, n’ont que très peu de revenus et juste de quoi s’occuper de leurs enfants. C’est là mon combat : je pense qu’avec toute cette capacité de travail qu’elles ont, et avec la formation adéquate elles sont capables de devenir des atouts pour l’économie de nos villages. Pour moi, une femme qui est autonome est source de répercussions positives sur l’ensemble de la famille et notamment sur les enfants. Pour favoriser le développement rural, c’est par les femmes qu’il faut commencer.

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    Agricultrice du village d’Angbavia

    Dans ton projet Canaan Land, ta vision de l’agriculture durable c’est donc une agriculture inclusive ?

    Oui, je veux nourrir l’Afrique de l’Ouest en développant un modèle d’agriculture qui bénéficie aux petits agriculteurs, notamment aux femmes et qui protège l’environnement. Le concept de Canaan Land c’est une agriculture 0 déforestation, 0 pesticide, 100% inclusive.

    Sur le volet environnemental, l’une des terribles conséquences de l’agriculture en Afrique est la déforestation. Nous avons abattu plus de 14 millions d’hectares de forêt en Côte d’Ivoire et il nous reste moins de 2 millions d’hectares de forêt. Les cultures de rente sont en grande partie responsables. Dans mon projet Canaan Land nous mettrons justement en place des techniques d’agroforesterie pour apprendre aux agricultrices à intégrer l’arbre dans leurs cultures.

    Peux-tu nous parler davantage de ton projet Canaan Land et nous expliquer en quoi il relève les défis de l’agriculture en Côte d’Ivoire ?

    Pour mon premier projet pilote, j’ai acquis 85ha de terres cultivables près de la ville de Toumodi. Nous aménageons ces terres avec des infrastructures modernes: bâtiments de stockage, irrigation en goutte à goutte. Mon objectif est de mettre ces terres à disposition des 50 agricultrices du village voisin tout en les formant à des techniques d’agriculture durable et à l’esprit d’entrepreneuriat. Canaan Land s’engage à racheter l’ensemble de leur production et s’occupe de la livrer aux clients. Ainsi nous assurons un revenu stable et plus élevés aux agricultrices. L’un des objectifs de Canaan Land est réellement d’induire un changement de mentalité chez les agricultrices pour qu’elles voient leur champ et leur activité comme une réelle entreprise.

    Mon ambition à terme est de répliquer ce modèle en Côte d’Ivoire et plus largement en Afrique de l’Ouest.

    Découvrez le projet Canaan Land en vidéo

    https://www.youtube.com/watch?v=GiJIgRDQV6c

    Quelques chiffres:
    – L’agriculture représente plus de 20% du PIB de la Côte d’Ivoire et emploie la moitié des actifs ivoiriens. La Côte d’Ivoire est le 1er producteur mondial de cacao, et se positionne parmi les 1ers rangs africains pour de nombreuses productions (café, cacao, huile de palme, caoutchouc…). Si les grandes filières de l’agriculture de rente sont aujourd’hui structurées et encadrées par l’Etat Ivoirien, le secteur du vivrier reste lui très informel.1
    – 30% de la production vivrière est gâchée chaque année par manque d’infrastructure2
    – Seules 8% des femmes détiennent un titre foncier en Côte d’Ivoire contre 22% des hommes3
    – 75 % de la déforestation en Afrique est due aux activités agricoles sur la période 2000 – 20104
    Sources :
    1/http://agriculture.gouv.fr/cote-divoire
    2/Rapport datant de 2014 de l’Union Européenne et du Ministère de l’agriculture ivoirien
    3/http://www.commodafrica.com/31-07-2017-dans-lagriculture-en-cote-divoire-pourquoi-les-femmes-sont-elles-moins-productives-que
    4/Rapport “Situation des forêts du monde 2016” par la FAO
    Retrouvez la présentation de l’association Follow’Her ici : https://r20paris.org/fr/2018/03/08/avec-followher-des-etudiantes-sengagent-pour-linclusion-economique-des-femmes-en-afrique/
    Photoouverture©Follow’Her | Patricia Zoundi