Catégorie : Océanie

  • Les forêts : réserve nourricière face aux aléas climatiques

    Les forêts : réserve nourricière face aux aléas climatiques

    On ne compte plus les bienfaits des forêts : barrière contre l’érosion des sols, réserve de biodiversité, puits de carbone… À cette liste doit également être ajouté un bénéfice plus méconnu : les forêts peuvent en dernier recours nourrir des populations vulnérables, tout particulièrement celles dépendantes du secteur agricole dans les pays du Sud, qui sont très exposées aux sécheresses, inondations ou tempêtes.

    Ces événements météorologiques extrêmes ont un impact direct sur les rendements agricoles, la mortalité du bétail, et la dégradation des écosystèmes. Face à ces nombreux risques, les populations rurales mettent en place un grand nombre de stratégies d’adaptation de court ou moyen terme, comme le recours au crédit, la migration et la diversification des cultures.

    Fruits, racines, champignons, chasse…

    Parmi ces stratégies, les forêts peuvent également faire office de filet de sécurité important. Car les forêts tropicales sont riches en produits susceptibles d’être collectés, afin d’être vendus sur les marchés locaux ou consommés directement : fruits, racines, plantes médicinales, champignons, produits de la chasse… Les possibilités de collecte sont importantes et peu corrélées aux rendements agricoles. Ainsi, un ménage dont la production agricole chute à cause d’une sécheresse pourra toujours se procurer des produits forestiers.

    Cette activité a également le grand bénéfice d’être accessible à la majorité des ménages, même les plus démunis, car elle nécessite peu d’investissement et ne requiert pas de compétence particulière. Ainsi la collecte de produits forestiers est souvent décrite comme une option de dernier recours, pour les ménages ayant peu ou pas d’accès aux marchés de l’assurance et du crédit, et peu d’alternatives de gestion du risque agricole (manque d’opportunités de travail en dehors du secteur agricole, freins aux migrations…).

    Au Malawi, des agriculteur attendent la pluie qui permettra d’irriguer leurs cultures. Julian Lott

    350 millions de personnes dont la subsistance dépend des forêts

    Au total, la Banque Mondiale estime que 350 millions de personnes dans le monde dépendent des forêts pour leur subsistance. Cependant, si cette collecte de produits forestiers peut s’avérer un bon filet de sécurité face au risque agricole, cette activité demeure trop peu productive et rentable pour devenir l’activité principale des ménages agricoles, au risque de les piéger dans un état de pauvreté permanente.

    En outre, la capacité des forêts à fournir un filet de sécurité efficace dépend du niveau de pression qui s’exerce sur les ressources forestières. Une exploitation excessive des produits forestiers pourrait compromettre ce rôle des forêts, voire engendrer une dégradation des ressources.

    La compilation de diverses données

    Pour évaluer l’efficacité de ce filet de sécurité que peuvent être les forêts, un article récent de Jessica Meyer analyse comment l’alimentation des ménages évolue lorsqu’un choc météorologique survient, et dans quelle mesure la présence des forêts permet de tempérer ce choc. Pour ce faire, l’analyse se base sur le cas du Malawi et combine trois ensembles de données :

    Le cas du Malawi se révèle particulièrement pertinent pour examiner le rôle des forêts en tant que filet de sécurité face aux aléas météorologiques. Avec 80 % de sa population qui dépend de l’agriculture pluviale, le secteur agricole du pays, et son économie en général, sont fortement vulnérables face aux épisodes météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses, les précipitations intenses et les inondations, qui deviennent de plus en plus fréquents.

    Le Malawi : un cas particulièrement probant

    Durant la période 2015-2016, le Malawi a été touché par une inondation, suivie d’une sécheresse, entraînant des pertes cumulées estimées à 700 millions de dollars selon la Banque Mondiale. En 2019, le Malawi a subi de graves inondations après le passage du cyclone Idai, et en 2023, le cyclone Freddy a provoqué des pluies torrentielles et des inondations importantes à travers le pays.

    Cette vue aérienne montre la trajectoire des coulées de boue provoquées par le cyclone Freddy dans le district de Mulanje, au Malawi, le 18 mars 2023, à la frontière orientale du pays avec le Mozambique. Le cyclone Freddy, a causé plus de 1000 morts au Malawi et touché plus d’un demi-million de personnes. Jack Mcbrams/AFP

    De plus, le Malawi est l’un des pays les plus pauvres au monde. Selon le FMI, 50,7 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, et 25 % des Malawites sont caractérisés d’extrêmement pauvres. Il est également l’un des pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire, se classant au 91ème rang sur 113 selon l’indice mondial de la sécurité alimentaire en 2022 et avec près de 18 % de la population souffrant de sous-nutrition.

    Dans ce contexte de vulnérabilité climatique et économique couplé à une grande insécurité alimentaire, l’exploitation des produits forestiers peut donc s’avérer cruciale pour réduire l’exposition et la sensibilité aux risques des communautés agricoles au Malawi. Les forêts de type Miombo, qui s’étendent sur une grande partie de l’Afrique centrale et australe, renferment de surcroît une diversité de ressources telles que des fruits, des champignons, du miel, des chenilles, etc., qui peuvent offrir un filet de sécurité efficace en cas de choc.

    Au Malawi, dans de nombreuses zones, l’accès aux forêts et l’utilisation des produits forestiers sont régis par le droit coutumier et les pratiques traditionnelles. Il est aussi important de souligner que les forêts ont la capacité de contribuer directement à l’atténuation des épisodes de sécheresse et d’inondation de par leur influence sur le climat.

    Chocs climatiques et perte d’alimentation diversifiée

    Les résultats de l’analyse ont pu montrer que les ménages qui subissent des chocs météorologiques ont une alimentation moins diversifiée : les sécheresses et excès de pluie ont des impacts négatifs sur leurs activités agricoles, ce qui réduit leurs moyens de subsistance et contraint donc la qualité de leur alimentation. Cependant, la présence de forêts à proximité tend à limiter la portée négative de ces chocs sur l’alimentation, en particulier quand il s’agit de sécheresses.

    Face aux chocs climatiques, certains ménages demeurent cependant mieux lotis que d’autres : ceux qui possèdent du bétail peuvent reconstituer en partie leur revenu grâce à la vente de produits issus de l’élevage. Pour ces ménages, le recours aux ressources forestières est ainsi moins nécessaire.

    D’autres options de gestion du risque sont également étudiées, comme la possession de biens durables (qui peuvent aussi être revendus en cas de pertes de revenus) ou le ganyu, c’est-à-dire la possibilité de travailler ponctuellement dans les champs voisins. Ici, les résultats sont moins contrastés : la présence de forêts permet de réduire l’impact négatif des chocs météorologiques sur l’alimentation, que les ménages soient en possession ou non de biens durables, qu’ils puissent avoir ou non recours au ganyu.

    Des forêts nourricières mais menacées

    Au total, ce travail montre l’importance des ressources forestières pour les populations rurales, en particulier dans un contexte climatique où les événements météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus prégnants. Ainsi la préservation des forêts est nécessaire non seulement d’un point de vue global, pour la conservation du carbone et la conservation des écosystèmes et de la biodiversité, mais elle est aussi essentielle pour la résilience des populations du sud.

    Les forêts au Malawi sont cependant soumises à d’importantes pressions. En 1990, la surface forestière du pays représentait 37,1 % de son territoire, alors qu’en 2020, ce chiffre était descendu à 23,8 %. La perte du couvert forestier au Malawi peut principalement être attribuée à l’expansion agricole et à la surutilisation de la biomasse, comme le bois, le charbon et les résidus agricoles utilisés notamment pour la cuisson et le chauffage. Réussir à combiner la préservation des ressources forestières tout en permettant un accès aux populations les plus vulnérables représente donc un enjeu majeur pour le pays.

    Philippe Delacote a reçu des financements de la Chaire Economie du Climat. Jessica Meyer et Julie Lochard ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.
  • Akuo : projet de stockage du Pacifique Sud, top départ !

    Akuo : projet de stockage du Pacifique Sud, top départ !

    Akuo, producteur indépendant français d’énergie renouvelable et distribuée, et Tonga Power Limited, l’opérateur public du réseau des îles Tonga, annoncent avoir mis en service Tonga 1 & 2, le plus grand dispositif de stockage d’énergie par batterie du Pacifique Sud, pour une capacité totale de 29,2 MWh / 16,5 MW.

    Un service de batteries stationnaires

    Les deux centrales de stockage par batterie sont composées de Storage GEM®, la technologie innovante de conteneurs modulaires de stockage développée et fabriquée par le Groupe Akuo. C’est au total 8 conteneurs qui ont été déployés à Tongatapu, la principale île de l’archipel de Tonga : 3 Storage GEM® pour Tonga 1, et 5 pour Tonga 2. Marqué par la période de crise sanitaire, le déploiement de ces deux projets pour le compte de Tonga Power Limited, signés respectivement en juillet et en novembre 2019, a été en grande partie piloté à distance, à l’aide d’une forte adaptabilité des méthodes et de l’organisation du chantier. La technologie conteneurisée, entièrement testée en usine sur banc de test, s’est facilement prêtée à un déploiement à distance.

    Une installation résiliente, qui a déjà fait ses preuves lors de l’éruption volcanique de janvier 2022

    Ces deux centrales ont d’ores et déjà eu l’occasion de prouver leur résilience. En effet, l’éruption volcanique du 15 janvier dernier, qui a provoqué un tsunami dévastant les côtes de l’archipel et coupant le pays du reste du monde, n’a pas affecté leur bon fonctionnement, qui ont pu continuer à opérer et ont contribué à la stabilité du réseau les jours suivant la catastrophe.

    Une meilleure pénétration des énergies renouvelables dans le mix énergétique de l’archipel

    Auparavant, la capacité en énergie renouvelable (trois parcs solaires et un parc éolien) du Royaume de Tonga s’élevait à un total 5,6 MW, soit un taux de pénétration dans le mix électrique équivalent à 10%. Les deux stations viennent directement en appui au réseau et permettent un pilotage facilité de Tonga Power Limited grâce au système de contrôle EMS (Energy Management System) sur-mesure développé par Akuo.

    La station Tonga 1, d’une capacité de 5,3 MWh / 9,3 MW a pour but d’améliorer la stabilité du réseau, alors que Tonga 2, d’une capacité plus importante, de 23,9 MWh / 7,2 MW, a quant-à-elle été conçue pour le déplacement de charge (load-shifting). Ensemble, elles répondent à la nécessité pour Tonga de renforcer ses capacités de stockage afin de soutenir l’augmentation de la part d’énergie renouvelable dans le mix électrique, et contribuent à l’atteinte de l’objectif de l’archipel de passer à 70 % d’énergie renouvelable d’ici 2030. D’ores et déjà, elles ont permis de doubler la capacité des énergies renouvelables, avec le raccordement de 6 MW solaire porté par un partenaire privé.

    L’installation des stations a été permise dans le cadre du programme « Tonga Renewable Energy Project », financé par le Fonds vert pour le climat (56%), la Banque asiatique de développement (23%), le gouvernement des Tonga (10%), Tonga Power Limited (6%) et le gouvernement australien (5%).

    Jean Ballandras, Directeur Asie-Pacifique d’Akuo, commente :

    En 2013, l’IRENA soulignait dans son rapport « Pacific Lighthouse » sur les îles Tonga que « la production d’énergie solaire des Tonga ne pourra pas faire face aux périodes de pointe de consommation sans que des solutions de stockage ne soient mises en place ». Akuo a décidé de s’attaquer en premier lieu à ce problème : désormais, les Tonga seront en mesure d’installer des capacités d’énergie renouvelable à un rythme beaucoup plus rapide. Nous remercions la Banque asiatique de développement et le Fonds vert pour le climat qui nous ont accompagné dans ce projet. Ce succès démontre la capacité d’Akuo à hybrider des systèmes multi-énergies complexes et ainsi accompagner les gestionnaires de réseau dans leur transition énergétique.

  • Le Premier ministre Australien à Tokyo avec un message sur le climat

    Le Premier ministre Australien à Tokyo avec un message sur le climat

    Le nouveau Premier ministre travailliste australien, Anthony Albanese, a pris ses fonctions lundi et s’est immédiatement envolé pour un sommet international au Japon, où il entend faire savoir que son pays va changer en matière de lutte contre le changement climatique.

     

    L’ex-chef de l’opposition de centre gauche, âgé de 59 ans, a prêté serment au cours d’une brève cérémonie à Canberra devant le gouverneur général de l’Australie, David Hurley.

    Plusieurs membres de son gouvernement ont pris leurs fonctions en même temps que lui dont la ministre des Affaires étrangères Penny Wong, qui l’accompagne à Tokyo.

    Moins de 48 heures après la victoire de son parti aux législatives, le nouveau Premier ministre s’est envolé pour le Japon où il participera mardi au sommet du Quad (Etats-Unis, Japon, Inde, Australie), et rencontrera séparément ses homologues indien Narendra Modi et japonais Fumio Kishida, ainsi que le président américain Joe Biden.

    Ce premier voyage officiel à l’étranger est « un bon moyen d’envoyer un message au monde qu’il y a un nouveau gouvernement en Australie », a déclaré M. Albanese. « C’est un gouvernement qui représente un changement dans la façon dont nous traiterons avec le monde sur des questions comme le changement climatique ».

    Anthony Albanese a notamment promis d’adopter des objectifs plus ambitieux en matière de réduction des émissions de carbone et de transformer l’Australie en « superpuissance » des énergies renouvelables.

    Jusqu’à présent, il est toutefois resté sourd aux appels pour en finir avec le charbon, qui reste un des moteurs de l’économie du pays et compte de nombreux partisans chez les travaillistes.

    M. Albanese a promis de réduire de 43% les émissions d’ici 2030. Son prédécesseur conservateur Scott Morisson, au climato-scepticisme affiché, avait été critiqué pour s’en tenir à un objectif de -28% en 2030 par rapport à 2005.

    Au cours du mandat de M. Morrison, l’Australie a connu des catastrophes naturelles sans précédent: des feux de forêts qui ont détruit une superficie équivalente à celle de la Finlande, des inondations répétées et dévastatrices et de longues périodes de sécheresse.

    M. Morrison a toujours affiché un soutien inconditionnel à l’industrie du charbon et s’est montré réticent à agir lors des négociations internationales sur le climat.

    Ce bilan écologique désastreux a permis à une vingtaine de candidats indépendants engagés en matière d’environnement de remporter de nombreux sièges, notamment dans des circonscriptions qui étaient des fiefs de la coalition libérale de M. Morrison.

    Les résultats complets n’avaient toujours pas été publiés lundi en début d’après-midi, l’issue restant incertaine dans une poignée de circonscriptions. Avec 75 sièges déjà acquis, le Parti travailliste était à un siège de la majorité absolue à la Chambre des représentants, qu’il devrait pouvoir atteindre.

    M. Albanese sera de retour mercredi en Australie. « Ensuite, nous nous mettrons au travail », a-t-il assuré.

    Parmi les dirigeants étrangers qui ont salué l’élection de M. Albanese figurent ceux de nations insulaires du Pacifique, menacées par la montée des eaux.

    « Parmi vos nombreuses promesses de soutien au Pacifique, aucune n’est la plus bienvenue que votre projet de donner la priorité au climat. L’avenir commun de nos peuples en dépend », a déclaré le Premier ministre des Iles Fidji, Frank Bainimarama.

    M. Albanese s’est fixé d’autres objectifs: mettre en place une commission nationale de lutte contre la corruption, accorder aux populations indigènes le droit constitutionnel d’être consultées sur les politiques qui les concernent et développer des systèmes de garde d’enfants abordables.

    « J’ai hâte de diriger un gouvernement qui rendra les Australiens fiers, qui ne cherche pas à diviser », a-t-il ajouté. « Les gens sont fatigués des conflits ».

    Sur le plan diplomatique, le nouveau gouvernement est attendu sur la question de la Chine, les relations entre Pékin et Canberra étant particulièrement tendues depuis deux ans.

    Les relations avec Pékin « restent difficiles », a reconnu lundi M. Albanese. Mais selon lui, « c’est la Chine qui a changé, pas l’Australie. L’Australie devra toujours défendre ses valeurs ».

    Cet article est publié avec l’aimable autorisation du GoodPlanet Mag’. Article source ici.
    Photo©Le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese (au centre) chante l’hymne national pendant sa cérémonie d’investiture, le 23 mai 2022 à Canberra © AFP SAEED KHAN
  • Nouvelle-Calédonie : quelle place pour le climat dans les médias?

    Nouvelle-Calédonie : quelle place pour le climat dans les médias?

    Si le changement climatique est reconnu partout comme un phénomène majeur auquel les sociétés doivent et devront faire face, sa conceptualisation oriente les populations à agir et à s’engager dans des stratégies d’adaptation.

     

    Comprendre les actions individuelles et collectives qui permettront de réduire les émissions de gaz à effet de serre permet souvent d’identifier les nombreux freins dans la perception des individus, freins bien documentés : le climatoscepticisme, dont les médias ont relayé en grande partie les discours ; la perception que les changements climatiques sont lointains en temps et en espace ; la technicité et l’inaccessibilité du discours entourant les changements climatiques ; la perception de l’absence de corrélation immédiate entre le quotidien des gens et ces changements.

    Les populations insulaires en première ligne

    Dans les territoires insulaires du Pacifique, les impacts sur la biodiversité et le niveau des eaux pour certaines îles ont attiré l’attention de médias spécialisés (à l’image de Géo ou de National Geographic) et généralistes en métropole, de manière ponctuelle : les îles du Vanuatu, de Kiribati ou de Samoa, ont ainsi fait l’objet d’un traitement médiatique lorsque l’actualité politique s’y prêtait (réunions des pays du Pacifique, sommet sur le climat…).

    Les effets du changement climatique sur ces territoires ont été soulignés dans les recherches scientifiques, voire vulgarisés dans un but pédagogique pour les communautés concernées.

    Parmi les populations les plus exposées à ces dérèglements, à court, moyen et long termes, les plus vulnérables sont sans aucun doute les populations autochtones, et plus généralement les sociétés traditionnelles, dont les savoirs et les savoir-faire locaux sont de plus en plus mobilisés dans les programmes de développement et de conservation au nom de leur importance pour la préservation de certains écosystèmes, comme le montrent des travaux de l’IRD.

    Le Vanuatu a ainsi été l’un des premiers pays à compter « ses premiers réfugiés climatiques » sur la scène internationale. Ces populations exposées principalement à cause de leurs implantations sur les côtes littorales focalisent de plus en plus l’attention des gouvernements pour une sensibilisation internationale de ces savoirs traditionnels.

    C’est dans des contextes multiculturels que la transmission de ces savoirs scientifiques, voire autochtones, doit être adaptée et en adéquation avec les problématiques locales pour une meilleure sensibilisation.

    Les médias ont donc ici un rôle important à jouer dans la prise de conscience et la compréhension du phénomène par les différents acteurs de la société civile. L’analyse de leur traitement peut nous éclairer sur la manière dont les problématiques du changement climatique émergent dans l’espace public.

    Les journalistes constituent des passeurs de problèmes scientifiques, en vulgarisant l’information, tout en participant à véhiculer des représentations du changement climatique, selon leur ligne éditoriale et leurs sensibilités.

    L’exemple de la Nouvelle-Calédonie

    L’analyse des principaux médias de Nouvelle-Calédonie – que nous avons réalisée et dont nous partageons les résultats dans cet article – montre que le changement climatique est très peu abordé : sur les 768 articles sur l’environnement et le développement durable relevés, de janvier à septembre 2020 dans le quotidien Les Nouvelles calédoniennes et le média audiovisuel NC la 1ere, seuls 5 % environ étaient consacrés au climat ; le recensement a été réalisé à partir des expressions « changement climatique », « réchauffement climatique ».

    Or, un certain nombre de recherches situées dans le Pacifique inscrivent leurs travaux dans les problématiques du changement climatique. On comprend, à la lumière des résultats de notre étude sur les médias calédoniens, que la recherche sur cette question est très peu diffusée auprès de la population.

    Une approche internationale

    Lorsqu’on étudie de près les 37 sujets sur la thématique du « changement climatique » recensés pendant cette période – à l’aide du logiciel d’analyse textuelle Iramuteq – les deux tiers concernent les événements qui se déroulent hors territoire de Nouvelle-Calédonie et, de manière générale, des îles insulaires.

    Nuage de mots sur le changement climatique à partir des contenus diffusés dans Les Nouvelles calédoniennes et NC la 1ʳᵉ.
    Akila Nedjar-Guerre, CC BY-NC-ND

    Ils relatent essentiellement les événements politiques de la scène internationale évoqués lors des grandes rencontres sur le climat. Le nuage de mots indique ainsi que les termes centraux, et donc les plus employés, portent sur la « Chine », « l’Europe », « Emmanuel Macron ».

    L’analyse factorielle de correspondances à partir du logiciel montre, de son côté, que les discours sur le changement climatique s’articulent autour de trois grands champs lexicaux : la démographie mondiale ; les accords européens et la Chine ; Emmanuel Macron et la proposition de référendum.

    Résultats de l’analyse factorielle de correspondances.
    Akila Nedjar-Guerre, CC BY-NC-ND

    Une vision eurocentrée

    Autrement dit, le traitement médiatique du changement climatique ne permet pas aux Calédoniens d’appréhender le sujet du réchauffement autrement que par la vision métropolitaine et internationale des échanges politiques sur la question.

    Les médias agissent non seulement par la mise en agenda des questions qui sont portées à l’attention du public (choix des sujets) mais ils participent aussi au cadrage de l’information. Une absence de spécialisation du journalisme sur la question environnementale dans les médias calédoniens participe à un traitement plus généraliste imprégné des discours internationaux, plus ou moins conscients de la part des rédactions.

    Ceci se traduit par une mise en discours de la thématique où la figure du citoyen est principalement absente. C’est tout le paradoxe des journaux locaux dont la ligne éditoriale repose essentiellement sur la proximité avec leurs récepteurs, tant sur la dimension géographique du sujet que sur la prise en compte culturelle des représentations des publics dont la diversité ethnique caractérise la Nouvelle-Calédonie.

    Dans un territoire où la diversité ethnique est importante (mélanésienne, européenne, polynésienne, asiatique) et où les représentations de l’environnement diffèrent selon les communautés, les principaux médias de la Nouvelle-Calédonie adoptent une vision eurocentrée dans la conceptualisation du changement climatique, éloignée des problématiques locales.

    L’appel à une meilleure prise en compte des savoirs locaux dans la diffusion de la recherche et à une spécialisation des journalistes sur la question climatique pourront contribuer à transformer un concept abstrait en un phénomène plus perceptible et compréhensible par les populations du Pacifique.

    Valentin Némia, stagiaire financé par le CRESICA (Consortium pour la recherche, l’enseignement supérieur et l’innovation en Nouvelle-Calédonie) a contribué à l’élaboration des résultats sur lesquels s’appuie cet article.The Conversation

    Akila Nedjar-Guerre, Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, en délégation à l’Université de Nouvelle Calédonie, CY Cergy Paris Université
    Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
    ©La barrière de corail de Nouvelle-Calédonie, un écosystème fragile inscrit depuis 2008 au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. MARC LE CHELARD / AFP
  • Les pistes néo-zélandaises vers la neutralité carbone

    Les pistes néo-zélandaises vers la neutralité carbone

    Moins de vaches, moins de voitures à essence mais davantage de véhicules électriques… La Nouvelle-Zélande a dévoilé dimanche les pistes devant mener l’archipel vers la neutralité carbone à l’horizon 2050.

     

    Ces suggestions font partie d’un ensemble de recommandations élaborées par la Commission contre le réchauffement climatique au sujet des mesures que le pays doit prendre pour réduire radicalement ses émissions de gaz à effet de serre.

     

    Le président de la Commission Rod Carr a reconnu que ces recommandations étaient ambitieuses, tout en les jugeant réalistes et en rappelant que l’heure était aux actions « immédiates et décisives ».

     

    « En tant que pays, nous devons adopter des changements durables qui entraînent des transformations si nous souhaitons atteindre nos objectifs », a-t-il dit.

     

    « Quelques actions sont capitales pour atteindre ces objectifs: il faut promouvoir les véhicules électriques, accélérer la production d’énergie renouvelable, favoriser les pratiques agricoles respectueuses du climat, et favoriser la reforestation permanente et essentiellement indigène. »

     

    La Première ministre travailliste Jacinda Ardern a estimé que le projet de la Commission, qui doit désormais faire l’objet de consultations publiques, montrait que la transformation n’était pas synonyme de fardeau économique.

     

    « Le coût économique de l’action n’est pas aussi élevé que certains le pensaient auparavant. La réalité est que l’action contre le réchauffement climatique génère des opportunités économiques pour la Nouvelle-Zélande », a-t-elle dit.

     

    La Commission a observé que les efforts actuellement réalisés par le pays en matière climatique n’étaient pas suffisants pour atteindre l’objectif international qui est de limiter à 1,5 degré l’élévation des températures par rapport à l’ère pré-industrielle. Mais elle ajoute que le coût d’une action décisive n’est pas si élevé.

     

    Tourner la page des énergies fossiles impliquerait des centaines de suppressions d’emplois dans les secteurs du charbon, du pétrole ou du gaz. Mais la Commission s’attend à ce que beaucoup de travailleurs soient réemployés dans « l’économie circulaire, le développement des biocarburants et de l’hydrogène, ou encore dans le développement des nouvelles technologies. »

     

    La Commission vise en 2032 la fin de l’importation des véhicules consommant des énergies fossiles et projette que plus de la moitié des trajets de véhicules légers se feront à l’électrique en 2035.

     

    Pour réduire les émissions de méthane, la Commission observe que les éleveurs doivent améliorer leurs performances en réduisant de 15% les cheptels en 2030, par rapport à leur taille de 2018. Elle table notamment sur une amélioration de la productivité pour maintenir le niveau de production.

     

    Le gouvernement doit se prononcer d’ici la fin de l’année sur l’adoption des recommandations.

     

    Article publié avec l’aimable autorisation de notre partenaire-contributeur, GoodPlanet Mag’. Article source ici.
  • Nouvelle Zélande: Jacinda Ardern déclare « l’urgence climatique »

    Nouvelle Zélande: Jacinda Ardern déclare « l’urgence climatique »

    La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a proclamé mercredi un état d’ »urgence climatique » devant le Parlement, soulignant la nécessité d’une action rapide en ce domaine dans l’intérêt des générations futures.

    « Lorsque nous faisons des déclarations, c’est souvent qu’il y a une menace pour la vie, une menace pour les biens, et des urgences concernant la sécurité civile », a déclaré la dirigeante de centre-gauche. « Si nous ne réagissons pas au changement climatique, nous continuerons à subir ces urgences sur nos côtes ».

    « Votez en faveur de cette déclaration, tenez-vous du bon côté de l’histoire, faites partie de la solution que nous devons apporter collectivement à la prochaine génération », a-t-elle exhorté.

    Les parlementaires ont adopté la déclaration d’urgence climatique, largement symbolique, par 76 votes contre 43.

    Le Parlement britannique était devenu, le 1er mai 2019, le premier dans le monde à déclarer l’ »urgence écologique et climatique », suivi par l’Irlande.

    Selon The Climate Mobilisation, un lobby américain faisant la promotion de ces déclarations, une dizaine de parlements ont fait de même, tout comme 1.800 collectivités locales dans le monde.

    Pour le Parti national néo zélandais (opposition de centre-droit), cette déclaration peut nuire, « en faisant croire aux gens que quelque chose s’est produit, alors que ce n’est pas le cas », a déclaré sa dirigeante, Judith Collins, à Radio New Zealand. « C’est assez faux et trompeur. »

    La Nouvelle-Zélande fait partie des pays qui se sont engagés à atteindre l’objectif de neutralité carbone pour les gaz à effet de serre d’ici 2050. Le pays, qui compte moins de cinq millions d’habitants, s’est également engagé à produire 100% d’énergie renouvelable d’ici 2035.

    Le gouvernement de Jacinda Ardern, qui avait fait campagne sur les thèmes environnementaux avant son arrivée au pouvoir en 2017, est cependant accusé par certains de ne pas faire assez pour renforcer la réputation « propre, verte » du pays.

    Le groupe Climate Action Tracker – qui évalue les engagements des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre – estime que les politiques climatiques de la Nouvelle-Zélande sont « insuffisantes » pour atteindre ses objectifs dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat de 2015.

    Greenpeace de son côté relève que l’objectif de neutralité carbone pour 2050 ne concerne pas le méthane, l’une des principales sources d’émissions de gaz à effet de serre du pays, afin de préserver un secteur agricole vital pour Wellington.

    « Quand la maison brûle, il ne sert à rien de déclencher l’alarme si on ne combat pas l’incendie, » a critiqué l’une de ses représentantes, Kate Simcock. « Lutter contre l’incendie en Nouvelle-Zélande signifie lutter contre les émissions agricoles. »

    Article publié avec l’aimable autorisation de notre partenaire-contributeur GoodPlanet Mag’.
    Article source ici

  • Akuo inaugure sa centrale Focola en Nouvelle-Calédonie

    Akuo inaugure sa centrale Focola en Nouvelle-Calédonie

    Akuo, producteur indépendant français d’énergie renouvelable et distribuée, et Enercal Energies Nouvelles, filiale 100% dédiée aux énergies renouvelables d’Enercal, gestionnaire du système électrique calédonien, ont inauguré ce jour la centrale solaire Focola en Nouvelle-Calédonie.

     

    Trois partenaires pour un projet innovant

    Le projet Focola est né de l’initiative d’un agriculteur local, Jean-Christophe Niautou, qui a souhaité collaborer avec Akuo pour son savoir-faire reconnu internationalement pour les solutions agrivoltaïques en territoire insulaire exposé à des risques cycloniques. Pour le projet photovoltaïque, Akuo s’est ainsi rapproché du groupe Enercal, premier producteur d’électricité renouvelable du territoire. Ensemble, ils fondent la SAS Focola qui porte le projet.

    Un projet inédit dans le Pacifique

    Premières serres Agrinergie® qui sont déployées dans le Pacifique, le dispositif innovant combine production maraichère et production d’électricité photovoltaïque. Seize serres photovoltaïques et anticycloniques occupent une surface au sol de 22 000 m2. La ferme assure une production électrique de 2 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique de 600 foyers, et permet la production d’environ 200 tonnes de produits maraîchers. Au-delà de la prouesse technique, ce projet contribue à deux ambitions sociétales majeures: l’autonomie alimentaire et l’autonomie électrique de ce territoire.

    Le caractère anticyclonique de ces serres présente un net avantage pour la sécurisation d’une exploitation agricole dans cette région puisqu’elle subit en moyenne deux cyclones par an. Très engagé pour l’agriculture responsable, l’exploitant souhaite ainsi expérimenter des procédés de permaculture. Cette nouvelle activité lui permettra de créer plusieurs emplois. En outre, ce projet participe à l’autonomisation énergétique de la Nouvelle-Calédonie, un territoire d’autant plus déterminé à opérer une transition énergétique verte, que ses îles disposent d’un écosystème fragile et d’une biodiversité extrêmement riche qu’il est important de protéger.

    Eric Scotto, Président et cofondateur d’Akuo déclare:

    Ce projet, inédit dans la zone pacifique, consolide notre position sur les territoires insulaires. Cette prouesse technologique permet une culture maraichère de qualité tout en disposant d’un système anticyclonique primordial pour ce territoire, et en contribuant également à la création d’emplois dans la région. Une fierté pour le groupe Akuo qui s’accompagne de partenaires de choix aux côtés d’Enercal et de Jean-Philippe Niautou.

    Nicolas Cazé, Directeur technique d’Enercal Energies Nouvelles, déclare:

    2019 est une année riche pour Enercal Energies Nouvelles. Nous avons mis en production deux projets innovants majeurs, Wi Hâche Ouatom, la première centrale solaire avec stockage sur batterie de Nouvelle-Calédonie, et Agrinergie Focola, sa première ferme agrisolaire. C’est une fierté pour une entreprise du pays d’accompagner ce type de projets. Avec Focola, nous accompagnons un projet qui, grâce à son volet agricole et sécurité alimentaire, dépasse notre ambition première d’aller vers une autonomie énergétique grandissante. En tant qu’actionnaire majoritaire, Enercal Energies Nouvelles a apporté son expertise et savoir-faire pour que ce projet soit adapté aux contraintes locales et s’inscrive pleinement dans la politique publique sur la transition énergétique. En tant qu’exploitant, nous allons veiller à ce que le système soit rentable et remplisse ses objectifs de production électrique. Les premiers mois d’exploitation tiennent toute leur promesse puisque l’objectif annuel de production de 2 GWh a été atteint en 8 mois!

  • 5 bonnes nouvelles pour ce début d’année

    5 bonnes nouvelles pour ce début d’année

    Une espèce que l’on pensait éteinte est de retour. Mais ce n’est pas tout: voici 5 bonnes nouvelles pour la planète en ce début d’année 2020.

     

    Article publié avec l’aimable autorisation de notre partenaire-contributeur, GoodPlanet Mag’
    Pour en savoir plus: Brut.
  • Akuo développe le plus grand projet de stockage du Pacifique Sud

    Akuo développe le plus grand projet de stockage du Pacifique Sud

    Akuo, producteur indépendant français d’énergie renouvelable et distribuée, et Tonga Power Limited, l’opérateur public du réseau des îles Tonga, ont signé le 14 novembre un contrat EPC (Engineering, Procurement and Construction) pour un projet de stockage d’énergie par batterie d’une capacité de 23,4 MWh/6 MW.

     

    S’agissant du deuxième projet de stockage mené par Akuo aux Tonga, il porte le nom de « Tonga 2 ». Tonga 2 est en passe de devenir le plus grand projet de stockage du Pacifique Sud (hors Hawaii).

    Le contrat a été signé par Adrien Nayan Bock, directeur d’exploitation d’Akuo pour la région Asie-Pacifique et Steven Esau, directeur financier de Tonga Power Limited.

    Contexte: Une production d’électricité principalement assurée par des combustibles fossiles

    Selon la Banque asiatique de développement et Tonga Power Limited:

    Près de 90 % de la demande totale d’électricité des Tonga est satisfaite par des générateurs alimentés au diesel importé.

    map akuo

    Les projets en caractères gras sont ceux actuellement en service

    La production d’électricité de Tongatapu, la plus grande île de l’archipel, est ainsi principalement assurée par des centrales diesel (capacité de production de 14 MW), tandis que les centrales d’énergie renouvelable -trois parcs solaires et un parc éolien- représentent au total 5,3 MW de la production. Le taux de pénétration des énergies renouvelables dans le mix électrique n’est donc que de 10%.

    L’archipel des Tonga s’est toutefois fixé l’objectif de passer de 10 % à 50 % d’énergie renouvelable d’ici à 2020, ce qui permettrait d’économiser environ 7 millions de litres de carburant par an pour la production d’électricité. C’est dans ce cadre qu’a été mis en place le programme « Tonga Renewable Energy Project », financé par le Fonds vert pour le climat (56%), la Banque asiatique de développement (23%), le gouvernement des Tonga (10%), Tonga Power Limited (6%) et le gouvernement australien (5%) pour un total de 53 millions USD.

    Une belle étape vers la réduction de la dépendance aux énergies fossiles

    Akuo a remporté en octobre l’appel d’offres lancé par la Banque asiatique de développement et Tonga Power Limited pour son projet Tonga 2. Complémentaire au premier projet de stockage par batterie lancé par le Groupe dans l’archipel – Tonga 1, d’une capacité de 5 MWh/ 10 MW, qui a pour but d’améliorer la stabilité du réseau -, Tonga 2 est quant à lui conçu pour le déplacement de charge (load-shifting).

    Tonga 1 et 2 contribueront à répondre à la nécessité pour l’archipel de renforcer ses capacités de stockage afin de soutenir l’augmentation de la part d’énergie renouvelable dans le mix électrique.
    Les deux projets seront opérationnels au troisième trimestre 2020. Akuo est fier de s’associer à Tonga Power Limited pour leur mise en œuvre.

    Une solution innovante de stockage d’énergie

    Pour mettre en œuvre ces deux projets, Akuo utilisera sa technologie innovante de conteneurs modulaires de stockage d’énergie Storage GEM®.
    Les projets Tonga 1 et Tonga 2, développés dans un territoire insulaire et isolé, rendent compte du savoir-faire d’Akuo dans le domaine des réseaux électriques insulaires, et ouvrent la voie au déploiement de solutions de stockage similaires dans d’autres îles du Pacifique.

    Jean Ballandras, Directeur Asie-Pacifique d’Akuo, commente:

    En 2013, l’IRENA soulignait dans son rapport « Pacific Lighthouse » sur les Tonga que « la production d’énergie solaire des Tonga ne pourra pas faire face aux périodes de pointe de consommation sans que des solutions de stockage ne soient mises en place. Akuo a décidé de s’attaquer en premier lieu à ce problème: désormais, les Tonga seront en mesure d’installer des capacités d’énergie renouvelable à un rythme beaucoup plus rapide. Nous remercions la Banque asiatique de développement et le Fonds vert pour le climat qui nous ont accompagné dans ce projet.

  • Un traité mondial pour l’élimination de toute pollution plastique?

    Un traité mondial pour l’élimination de toute pollution plastique?

    La lutte contre la pollution plastique est inefficace: c’est le message du WWF. L’organisation non gouvernementale appelle à une mobilisation générale de tous: gouvernements, industriels, consommateurs. Elle demande la mise en place d’un traité international juridiquement contraignant pour lutter contre ce qui est devenue une crise planétaire.

     

    Le WWF s’appuie sur le rapport d’un cabinet conseil, Dalberg Advisors. Selon l’étude présentée par ce cabinet, la production de plastique vierge a été multipliée par 200 depuis 1950 et a augmenté de 4 % par an depuis 2000. En 2016, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, la production a atteint 396 millions de tonnes. Cela équivaut à 53 kilogrammes de plastique pour chaque habitant de la planète.

    La production de plastique en 2016 a entraîné des émissions de dioxyde de carbone d’environ deux milliards de tonnes, soit près de 6 % du total des émissions de dioxyde de carbone de l’année. Si la capacité de production de plastique prévue est atteinte, la production pourrait augmenter de 40 % d’ici 2030.

    Sur la production globale de plastique, un tiers entre dans la nature et pollue terres, rivières et océans. La grande majorité du plastique que l’on trouve dans les océans est d’origine terrestre.

    Près de la moitié du plastique est utilisé pour créer des produits jetables dont la durée de vie est inférieure à trois ans.

    L’industrie de l’emballage a consommé 40 % du plastique total produit en 2015. Les industries de la construction et de l’automobile sont les deuxième et troisième transformateurs de plastique vierge.

    Outre la production, il faut regarder le traitement des déchets. Selon le rapport de Dalberg Advisors, 37 % des déchets plastiques sont actuellement gérés de manière inefficace.

    Près de 310 millions de tonnes de déchets plastiques ont été générés en 2016, soit l’équivalent de plus de 2 200 bouteilles d’eau en plastique pour chaque humain sur Terre.

     

    Article publié avec l’aimable autorisation de notre partenaire-contributeur, le Magazine GoodPlanet
    Pour en savoir plus : www.goodplanet.org
    Photo©creativecommon2019